Un changement municipal sans révolution à La Rochelle
Le changement d'équipe municipale à La Rochelle n'augure pas d'une révolution politique majeure. De nombreux projets initiés par l'ancienne majorité sont susceptibles d'être prolongés par la nouvelle équipe menée par Olivier Falorni. Comme le disait le général de Gaulle : « Les Français veulent la nouveauté, mais ils ne veulent pas le changement. » Cette formule semble particulièrement adaptée à la situation rochelaise.
Des visions politiques plus proches qu'il n'y paraît
En confiant les clés de la mairie aux falornistes, adversaires traditionnels des fountainistes, on pourrait s'attendre à un virage politique radical. Pourtant, malgré des divisions historiques qui les ont rendues « aussi compatibles que l'eau et l'huile » au fil des années, leurs visions politiques sont moins éloignées qu'il n'y paraît de prime abord.
Il suffit de comparer leurs programmes électoraux pour constater leur proximité idéologique. Olivier Falorni et Thibaut Guiraud se positionnent tous deux au centre gauche et disposent de références politiques assez similaires. « Je pense que ce sera un bon maire », a déclaré Thibaut Guiraud dimanche soir, une politesse qui témoigne d'une réelle proximité idéologique entre les deux formations.
Continuité sur les grands projets urbains
La nouvelle majorité municipale ne devrait pas remettre en cause la décision concernant la transformation du site des Salines pour y construire 540 logements, votée peu avant la fin du mandat précédent. Le Renouveau s'était abstenu lors du vote à l'Agglomération, critiquant principalement la méthode plutôt que le fond du projet.
Sur le projet d'omnium, les positions sont également convergentes. Olivier Falorni privilégie comme son prédécesseur le site de Puilboreau, près de la 2x2 voies, avec une capacité de 4 500 à 5 000 personnes, l'accueil du Stade Rochelais Basket et une douzaine de spectacles par an. La principale différence réside dans le schéma financier, le nouveau maire étant davantage favorable à un montage impliquant des partenaires privés.
Convergences sur les chantiers sensibles
Concernant le chantier polémique de la rue Marcel-Paul, les deux groupes ont exprimé des positions similaires durant la campagne électorale. Ils souhaitent tous deux aller au bout du processus de dépollution tout en surveillant étroitement l'entreprise chargée des travaux. Une fois le site suffisamment nettoyé, aucun des deux ne voit de raison d'entraver le projet immobilier prévu.
Des priorités partagées
Les deux formations politiques ont exprimé, avec des formulations différentes, des priorités communes :
- La production de logements supplémentaires
- L'augmentation des moyens alloués à la police municipale
- La place centrale accordée à la santé dans les politiques publiques
- La nécessité de restaurer le marché central de la ville
Olivier Falorni s'est positionné non pas comme celui qui allait « renverser la table », mais comme le plus à même de réussir là où Jean-François Fountaine aurait « échoué », notamment sur des dossiers comme le pont de Tasdon ou la gestion de l'hôpital. Sa différence se marquera davantage sur la méthode de gouvernance que sur les projets eux-mêmes, promettant ainsi une évolution plutôt qu'une révolution dans la gestion municipale rochelaise.



