Un nouvel édile forgé par l'engagement local
Le natif d’Aire-sur-l’Adour, passionné de rugby et très investi dans le milieu associatif, connaît intimement les rouages de la politique après douze années tumultueuses passées dans l’opposition. Il mesure avec précision l’ampleur de la tâche à venir, à commencer par la fin du chantier du centre-ville. Sa victoire n’est pas grandiloquente, mais elle vient réveiller des souvenirs d’enfance et fait émerger un parcours à l’ossature forgée par un intérêt certain pour la chose publique.
Des racines profondes dans la cité landaise
« Je suis né à Aire-sur-l’Adour. C’est ma ville. J’ai été élu au tout premier Conseil municipal des enfants », raconte Jérémy Marti au téléphone. Ce fils de parents « pas du tout politisés » – une mère fonctionnaire territoriale et un père ouvrier chez Potez Aéronautique – y découvre alors le sentiment diffus que la politique « peut faire bouger une ville ».
Un peu plus tard, le monde associatif et les débuts de sa vie professionnelle lui permettent de se frotter au réel. « J’ai été dix ans président d’une association festive pour les jeunes. Après le bac, j’ai fait du droit à Bordeaux, et je suis devenu surveillant pendant six ans à la cité scolaire Gaston-Crampe. J’ai tout donné pour cette fonction. Créer des projets pour les jeunes, les amener à réfléchir, à débattre », explique le trentenaire, qui occupe aujourd’hui un poste d’agent administratif au Sdis des Landes.
Rugby et politique : l'alfa et l'oméga d'une philosophie
Passionné de rugby, Jérémy Marti a entraîné les juniors d’Aire-sur-l’Adour en 2014, avant de coacher entre 2015 et 2023 les juniors, la réserve puis l’équipe première d’Hagetmau en Fédérale 2. C’est dans le sport qu’il entend puiser des ressources essentielles pour manager l’équipe municipale.
« Le sport, ça apprend la gestion d’un groupe, la gestion des émotions, l’écoute, la patience, l’engagement au quotidien, et l’humilité », analyse-t-il avec conviction. L’humilité que lui impose, d’ailleurs, l’arithmétique serrée du premier tour des élections municipales. Le candidat, « à la sensibilité de gauche » mais pas encarté, l’a emporté avec seulement cinquante voix d’avance sur le maire sortant, Xavier Lagrave.
Un changement de style après douze ans d'opposition
Cette alternance politique implique, également, un changement de style marqué. « J’espère que ça se passera bien avec l’opposition. J’ai vécu douze ans dans cette position et ça a été très inconfortable. J’ai toujours critiqué la façon dont le maire nous traitait, avec un manque d’information et du dénigrement », estime l’édile fraîchement élu.
Jérémy Marti l’assure fermement, il compte diriger les affaires de la Ville « en associant le plus grand nombre ». Cette main tendue passera, notamment, par l’analyse attentive de certains projets portés par son adversaire. « Je pense à leur proposition d’une mutuelle pour les seniors, on n’y avait pas pensé, et je suis prêt à me pencher dessus », illustre-t-il, montrant une volonté d’apaisement.
Le dossier prioritaire : la requalification du centre-ville
Jérémy Marti récupère un dossier qui lui donne déjà du fil à retordre : le bouclage complexe de la requalification du centre-ville. « On attend la fin du chantier. Il y a encore beaucoup d’inconnues. Je ne sais pas du tout à quoi va ressembler la ville à la fin », affirme-t-il avec franchise.
« On nous avait parlé d’une possibilité de dépiétonniser la rue Gambetta, mais elle semble définitivement condamnée avec la butte qui a été créée au bout. Tous les commerçants sont en grande souffrance du fait de ces travaux », avance le premier magistrat d’Aire-sur-l’Adour, qui prévoit une réunion publique urgente sur le sujet.
« Je suis allé faire un tour à la mairie ce matin pour rencontrer les agents, je les sens prêts à travailler avec nous, c’est rassurant », glisse Jérémy Marti, soulignant un début de collaboration positive. Le nouveau Conseil municipal aturin sera installé samedi 21 mars à 11 heures, marquant le début officiel de ce mandat étroitement gagné.



