Fin de règne pour Jean-Michel Moreau à Couthures-sur-Garonne
Dimanche 15 mars, Jean-Michel Moreau, 74 ans, présidera pour la dernière fois le bureau de vote de Couthures-sur-Garonne, mettant un terme à trois mandats à la tête de la commune. Cet événement symbolise la fin d'un règne après trente-sept années d'engagement municipal intense.
Un parcours ancré dans la vie locale
Depuis son enfance, Jean-Michel Moreau respire l'air de Couthures-sur-Garonne. Artisan chauffagiste électricien de profession, il a fondé et présidé l'Association des sauveteurs à partir de 1983, s'impliquant rapidement dans la vie communale. Il a consacré la moitié de sa vie au service des Couthurains, d'abord en tant que conseiller, puis comme maire depuis 2008.
On l'a vu sur tous les fronts, notamment lors des inondations qui ont placé Couthures sous les feux des projecteurs médiatiques. Ce dimanche, il rend officiellement l'écharpe tricolore, livrant ses dernières impressions après avoir rangé son bureau depuis un certain temps.
Bilan de trente-sept années de dévouement
Interrogé sur son long engagement, Jean-Michel Moreau explique : « Si j'ai tenu si longtemps, c'était pour rendre service aux gens. Nous nous sommes lancés dans des projets d'un mandat à l'autre, sans voir passer le temps. Être maire demande une implication constante, de la présence, des discussions et de la tolérance. » Il insiste sur le fait que les réussites sont le fruit d'un travail collectif, et non d'une seule personne.
Ces dernières années, la fonction a connu des difficultés croissantes. « Nous avons affaire à des personnes excitées, ce qui mène à des accrochages, mais ça se termine généralement bien. Malheureusement, l'agressivité augmente dans nos campagnes, et j'ai senti la tension monter. Dans ces moments, il faut calmer le jeu et reprendre la discussion le lendemain. »
Défis majeurs : inondations et pandémie
Son troisième mandat a été particulièrement éprouvant, marqué par le Covid-19 et deux inondations. « Avec les inondations, grâce à notre éducation et notre connaissance de la Garonne, nous avons pu nous organiser via le plan communal de sauvegarde et l'expérience des anciens. La dernière crue reste dans les mémoires à cause de coupures d'électricité durant 8 à 14 jours. »
La pandémie a été un défi d'une autre ampleur. « Le Covid nous a marqués car nous nous sentions désarmés. Nous n'étions pas prêts, sans outils ni masques, obligés d'improviser. En tant que maire, cela a été exceptionnel. »
Une énergie puisée dans la nature et la passion
D'où lui vient cette énergie infatigable ? « Je crois que la nature m'a favorisé. Tous les jours, je me dis que la vie est belle. Ma passion a toujours été l'eau, sous toutes ses formes, des sécheresses aux inondations. Petits, nous apprenions à ramer ou pousser le bateau. Tant qu'on est au combat, on trouve la force de surmonter le stress. »
Il souligne l'importance de la réserve communale et du respect de la nature, plus forte que l'homme. Ces épisodes épuisants expliquent en partie sa décision de ne pas se représenter.
Transmission et avenir
« J'avais annoncé dès le début de ce mandat que je ne me représenterais pas, et j'aime tenir mes paroles. Je suis vieux, et mes idées ne colleraient plus avec les nouvelles priorités. » Il se réjouit de la relève, avec sa première adjointe candidate et des conseillers motivés.
Fervent défenseur du bénévolat, il note : « Une cinquantaine de personnes composent la réserve communale et le comité des fêtes. Le rôle du maire est crucial pour rassembler ces volontés. » Dimanche, il passera la main sans regret, anticipant une vie moins occupée.
Il continuera à œuvrer pour la commune via une nouvelle association dédiée au patrimoine et à la culture, cherchant des financements pour les travaux de l'église. Parmi ses plus beaux souvenirs, il cite des mariages célébrés, des rencontres au Festival international de journalisme, et le sauvetage récent d'un hérisson des eaux avec une écope.



