Saint-Loubès : budget provisoire et adieux émouvants lors du dernier conseil municipal
Dernier conseil municipal à Saint-Loubès : budget et adieux

Un dernier conseil municipal sous tension électorale

Ce mercredi à la Coupole de Saint-Loubès, la dernière séance du mandat municipal a été marquée par une atmosphère particulièrement électrique, avec le vote d'un budget qualifié de « prévisionnel et provisoire » et les adieux émouvants de deux figures politiques locales. La majorité sortante, représentée par son adjoint aux finances et nouvelle tête de liste Sébastien Roux (gauche écologiste), a présenté ce budget en pleine période de campagne, face à une opposition divisée en deux groupes.

Un budget de transition avant les élections

Sébastien Roux a détaillé un budget total de 28,2 millions d'euros, réparti entre 16,3 millions en fonctionnement et 11,9 millions en investissement. Les taux de fiscalité locale restent inchangés, mais les charges générales et de personnel augmentent respectivement de 310 000 et 360 000 euros. La Ville devra également s'acquitter de 210 000 euros de pénalités pour déficit de logements sociaux, un problème hérité des mandats précédents et qui s'élève à 2,5 millions d'euros au total selon l'élu.

Sur le volet investissement, aucun grand projet n'est prévu en dehors du domaine de Modery, acheté par la mairie en début de mandat. Sébastien Roux a contesté « les chiffres pharaoniques évoqués » concernant ce projet, qui inclut un parc public, une école de neuf classes (budgeté à 9,4 millions) et une ferme maraîchère. Il a précisé que la ferme n'a coûté que 38 600 euros depuis 2020, soit seulement 0,3% des programmes d'investissement.

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Débats animés et tensions politiques

Les échanges se sont rapidement envenimés lorsque l'adjointe Alice Platriez a interpellé François Spagnol (PS), candidat de l'opposition et concurrent direct de Roux, l'accusant de déformer les chiffres du financement du groupe scolaire Modery. « Nous sommes en conseil, pas en campagne », s'est agacé Spagnol en réponse. Roux a ensuite assuré que le reste à charge municipal pour ce projet, d'un peu plus de trois millions d'euros, serait couvert par la vente du terrain de Bidon (3,1 millions) et des subventions, avec une capacité d'endettement constante jusqu'en 2027, date d'ouverture prévue de l'école.

François Spagnol a toutefois alerté sur les fragilités de trésorerie de la commune, tandis que Pierre Durand, ancien maire devenu opposant, a critiqué l'autosatisfaction de la majorité. « On a vendu les bijoux de famille, on a perdu ou arrêté des projets économiques : la situation n'est pas aussi brillante que présentée », a-t-il déclaré. Son groupe, Agissons pour Saint-Loubès (cinq élus), a voté contre le budget, suivi par deux conseillers de l'autre groupe d'opposition. Sandra Vallée, s'étant affranchie de ce dernier groupe, s'est abstenue en saluant le redressement financier de la ville.

Des adieux chargés d'émotion

Ce conseil a également été l'occasion de tourner une page importante pour la commune. Élue en 2020, la maire Emmanuelle Favre a dirigé son dernier conseil municipal, rendant hommage à l'engagement des élus et des agents communaux avant la séance. Alice Platriez, au nom de la majorité, lui a adressé un vibrant hommage : « tu as montré que l'on pouvait changer les choses ».

Deux heures plus tard, c'était au tour de Pierre Durand, maire de 2008 à 2020 et élu depuis 1983, de boucler son 350e conseil municipal. François Spagnol a salué « son constant dévouement aux Loubésiens », mettant ainsi fin à une ère politique. Cette séance, entre débats budgétaires et moments d'émotion, a parfaitement illustré la transition turbulente que vit Saint-Loubès à l'aube des prochaines élections municipales.

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