Cagnes-sur-Mer : Bryan Masson débauche cinq policiers municipaux de Saint-Laurent-du-Var
Cagnes-sur-Mer débauche policiers municipaux voisins

Cagnes-sur-Mer renforce sa police municipale en débauchant des agents voisins

Bryan Masson, maire Rassemblement national de Cagnes-sur-Mer, a réalisé un coup de force en débauchant cinq policiers municipaux de la commune voisine de Saint-Laurent-du-Var. Cette manœuvre, préparée depuis plusieurs mois, intervient dans le cadre de sa promesse électorale d'embaucher vingt nouveaux agents au cours de son mandat, pour un budget annuel de 1,5 million d'euros.

Une stratégie politique assumée

L'ancien député de la 6e circonscription des Alpes-Maritimes avait pris contact avec une douzaine d'agents laurentins avant même son élection, leur proposant un poste à Cagnes-sur-Mer en cas de victoire. « Oui, c'est de la gruge, mais c'est de bonne guerre », assume Bryan Masson, face à son vieil adversaire politique Joseph Segura, maire Les Républicains de Saint-Laurent-du-Var. Trois autres policiers devraient rejoindre Cagnes en avril, et quatre supplémentaires dans les prochains mois.

Parmi les recrues, Frédéric Berthoin, 57 ans, numéro 2 de la police laurentine, devient le chef de service à Cagnes, sa ville d'origine. Il remplace Philippe Defachelle, qui part à la retraite. « Je prépare la relève avec des idées neuves », se félicite le maire, visant à déployer des dispositifs comme une brigade de nuit ou un maître-chien, inspirés de Saint-Laurent.

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Des réactions contrastées et des tensions historiques

À Saint-Laurent-du-Var, la mairie affirme respecter ces choix de carrière et prévoit de remplacer les départs. Cependant, Patrick Villardry, ancien adjoint à la sécurité, dénonce une « hémorragie » pour une police d'une quarantaine d'agents, avec jusqu'à douze départs potentiels. « On déshabille Pierre pour habiller Paul », critique-t-il, estimant que cette situation n'aurait pas eu lieu si le candidat RN local avait été élu.

Rafaël Quessada, devenu directeur de cabinet de Bryan Masson, rétorque que Joseph Segura n'a pas su gérer les tensions internes, laissant couver une crise. Deux scandales ont en effet secoué la police laurentine : en 2023, un fichage illégal via un groupe WhatsApp a conduit à cinq blâmes, dont un pour Frédéric Berthoin ; en 2025, des accusations d'insultes racistes et de bavure ont entraîné des sanctions disciplinaires.

Des inquiétudes sécuritaires et politiques

Bryan Masson défend un soutien total aux policiers, s'appuyant sur une proposition de loi pour la présomption de légitime défense. « Dans tous les cas, il faut appuyer nos policiers. Pleinement », insiste-t-il. Cette position inquiète Patrick Villardry, qui craint de nouvelles bavures si les agents sentent une impunité. L'opposition de gauche à Cagnes, comme Cédric Garoyan (PCF), dénonce un « retour du bruit des bottes » transformant une ville apaisée en lieu angoissant.

Malgré les polémiques, Bryan Masson persiste à voir dans ces recrutements une opportunité pour moderniser la police municipale de Cagnes-sur-Mer, tout en exacerbant les rivalités politiques locales.

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