Budget 2026 à Saint-Affrique : Nouvelle passe d'armes entre majorité et opposition
Budget 2026 : tensions à Saint-Affrique entre majorité et opposition

Budget 2026 adopté à Saint-Affrique dans un climat électrique

Le conseil municipal de Saint-Affrique, dans l'Aveyron, a approuvé le budget 2026 lors de sa dernière séance de la mandature, le lundi 16 février. Ce vote, intervenu deux mois plus tôt que d'habitude selon l'opposition, a donné lieu à des échanges particulièrement vifs entre la majorité menée par le maire Sébastien David et les élus d'opposition.

Les chiffres clés d'un budget équilibré

Le budget présenté par la municipalité affiche un équilibre strict. En section de fonctionnement, les recettes s'élèvent à 13,6 millions d'euros, dont 7,08 millions provenant des impôts et taxes locales. Les dépenses atteignent le même montant, avec une part importante de 6,6 millions d'euros consacrée aux charges de personnel.

Pour les investissements, les recettes totalisent 6,4 millions d'euros, incluant les restes à réaliser de l'année 2025. Les dépenses d'investissement sont quant à elles programmées à hauteur de 3,9 millions d'euros. Parmi les projets phares :

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  • 145 000 € pour l'opération façades et l'amélioration de l'habitat
  • 170 000 € pour des acquisitions immobilières et foncières
  • 31 000 € pour les aménagements paysagers et urbains
  • 1,9 million d'euros pour l'entretien et la valorisation du patrimoine communal

La dette communale est estimée à 10,7 millions d'euros pour 2026, avec une annuité de remboursement de 1,9 million d'euros et une capacité de remboursement sur 6,56 ans. L'épargne brute, qui sert au remboursement des emprunts, s'établit à 1,6 million d'euros.

Une opposition sceptique face aux chiffres municipaux

Clément Carles, conseiller d'opposition, a vivement critiqué la présentation budgétaire. "Nous avons peu de confiance dans les chiffres annoncés ainsi que dans leur sincérité", a-t-il déclaré, pointant du doigt des variations importantes entre le budget primitif 2025 et le rapport d'orientation budgétaire 2026. "Quand les chiffres changent du tout au tout en si peu de temps, on peut émettre des doutes quant à la gestion. Ce budget d'année électorale ne porte quasiment aucun investissement".

Le conseiller a également questionné le calendrier du vote, intervenant selon lui deux mois avant la date habituelle, créant ainsi un précédent dans les pratiques municipales.

La majorité défend sa gestion financière

Face à ces accusations, Arnaud Durand, premier adjoint chargé des finances, a défendu la méthode employée. "On a juste appliqué cette méthode-là qui devait être bonne parce qu'elle était appliquée par les anciennes équipes", a-t-il répondu concernant le calendrier du vote. Sur les investissements, il a souligné que "250 000 euros ont été mis sur la voirie. À quelque chose près, c'est ce qui a été fléché pendant le dernier mandat".

Le maire Sébastien David s'est montré particulièrement offensé par les accusations de manque de sincérité. "Vous me choquez lorsque vous utilisez le mot manque de sincérité. Un budget est sincère par sa construction", a-t-il rétorqué. "Le budget de la collectivité, de tout temps, a été le DOB plus quelques ajustements. Il a toujours été bâti avec des recettes minorées et des dépenses majorées. Ce budget est construit de façon très saine avec une perspective et des services nouveaux pour les Saint-Affricains".

Vote et conséquences des intempéries

Le budget général 2026 a finalement été approuvé à la majorité. Les six élus de la liste d'opposition de Jean-Luc Malet ont voté contre, ainsi que Valérie Benezech, qui s'est également opposée à tous les budgets annexes.

Parallèlement à ces débats budgétaires, la municipalité doit faire face aux conséquences des récentes intempéries. Les fortes pluies des dernières semaines ont provoqué des glissements de terrain et des coupures d'eau, conduisant la mairie à engager une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.

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Les habitants sinistrés sont invités à déclarer leur sinistre auprès de leur assureur et à en informer la mairie. Le coût estimé pour la commune s'élève à 200 000 euros, auxquels s'ajoutent 200 000 euros de dégâts occasionnés par les épisodes neigeux sur la voirie communale, portant le total à 400 000 euros depuis le début de l'année.

Enfin, concernant le bâtiment communal abritant l'ancien centre des impôts au boulevard Victor-Hugo, la mairie prévoit de lancer un appel à manifestation d'intérêt pour sa vente, estimée à un peu plus de 200 000 euros par les Domaines.