Sarlat : le budget 2026 qualifié de 'transition' cristallise les tensions politiques
Budget 2026 à Sarlat : tensions politiques et critiques

Un budget de transition qui divise le conseil municipal de Sarlat

La séance du conseil municipal de Sarlat, réuni mardi 21 avril, devait initialement porter sur des délibérations classiques de début de mandat, selon les mots du maire Basile Fanier (Les Républicains). Cependant, les discussions ont rapidement pris une tournure politique, mettant en lumière les fractures au sein de l'assemblée.

Des promesses non tenues envers l'opposition

Après un récapitulatif des résultats sportifs présenté par l'adjoint aux Sports, Matthieu Bru, la conseillère municipale d'opposition Fabienne Lagoubie (Place publique) a immédiatement attaqué le maire. Elle a rappelé sa promesse d'écouter, respecter et associer l'opposition, en pointant du doigt la désignation de six membres de la majorité au conseil d'administration de l'office de tourisme, sans siège réservé aux groupes d'opposition. Basile Fanier a justifié ce choix par la nécessité d'avoir des élus en lien direct avec leurs délégations, arguant que la moitié des habitants de la Communauté de communes réside à Sarlat.

Une situation financière préoccupante

Le rapport d'orientations budgétaires (ROB), présenté par le premier adjoint Gérard Landat, a dressé un constat alarmant : la situation financière de la Ville de Sarlat est préoccupante, voire difficile. Il a souligné que la commune fait face à des charges de fonctionnement élevées et manque de capacité pour financer de nouveaux projets sans recourir à l'emprunt, déjà conséquent. Gérard Landat a déploré les choix de l'ancienne municipalité, comme la rénovation de la salle du Conseil municipal au détriment de la réparation de la toiture de l'église Sainte-Marie.

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Le budget 2026, qualifié de nécessairement de transition, inclut une baisse du taux d'imposition sur le foncier bâti de 1 % et un investissement de 250 000 euros. Cependant, l'opposition a critiqué cette approche. Nathalie Bouhours (opposition de gauche) a fustigé la politique de droite libérale du gouvernement, craignant un affaiblissement des services publics locaux.

Critiques et contre-arguments

Fabienne Lagoubie a qualifié ce budget d'année blanche, soulignant le décalage entre la prudence affichée et les investissements promis lors de la campagne. Elle a pointé du doigt la baisse de fiscalité foncière, qu'elle estime être en trompe-l'œil avec une réduction réelle de seulement -0,06 %. En contre-exemple, elle a cité la diminution de 3,46 % de la TEOM grâce à l'action de Marie-Pierre Valette au Sictom.

Elle a également suggéré de vendre certains bâtiments communaux pour générer des fonds destinés à l'entretien des sites, évalué à 600 000 euros, une mesure qu'elle affirme avoir anticipée. En réponse, Mathieu Allard, adjoint au Patrimoine, a rétorqué que l'ancienne municipalité avait négligé l'entretien du marché couvert, où 60 tonnes de lauze risquaient de s'effondrer, et avait renoncé à des subventions de la Drac pouvant couvrir 40 % des coûts.

Vers un audit et de futures controverses

Basile Fanier a ajouté que les services municipaux lui avaient soumis une augmentation de 600 000 euros des dépenses de fonctionnement, conséquence des décisions prises ces dernières semaines. Il a assuré que des projets d'investissement supplémentaires, nécessitant des études, seraient présentés ultérieurement via des décisions budgétaires modificatives.

Le conseil a acté le principe d'un audit de la gestion communale, avec la participation de deux représentants de l'opposition parmi les cinq membres désignés. Cette évaluation interviendra alors que la Chambre régionale des comptes s'apprête à rendre public un rapport sur la situation financière de la commune, laissant présager de nouvelles controverses chiffrées dans les mois à venir.

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