Budget 2026 à Royan : la majorité défend sa ligne, l'opposition dénonce un manque de clarté
Budget 2026 à Royan : majorité et opposition s'affrontent

Le budget 2026 de Royan dévoilé dans un climat de tensions politiques

La présentation des orientations budgétaires pour l'année 2026 par la majorité municipale de Royan, lundi 13 avril, a immédiatement suscité des critiques vives des trois groupes d'opposition. Le maire réélu Patrick Marengo a exposé les grandes lignes de son projet financier, fondé sur ce qu'il appelle ses « trois lignes de force » directrices.

Les piliers de la politique budgétaire du maire

Patrick Marengo a réaffirmé avec fermeté sa stratégie lors du débat d'orientation budgétaire, prélude au vote du budget primitif 2026. Son approche repose sur un triptyque bien défini : poursuivre la réduction de l'endettement communal, maintenir un niveau élevé d'investissements et de dépenses d'équipement, tout en maîtrisant rigoureusement les charges de personnel sans compromettre la qualité des services municipaux offerts aux administrés.

Le premier magistrat a toutefois admis une possible inflexion : « Nous devrons peut-être ralentir le rythme de notre politique de désendettement ». Il a rappelé que la Ville s'était désendettée de 10 millions d'euros durant le mandat précédent et envisageait au moins 5 millions supplémentaires sur la période actuelle. Cette modération s'explique par la nécessité de préserver une marge de manœuvre pour soutenir les investissements, évalués à environ 15 millions d'euros en 2025 et projetés entre 10 et 13 millions pour 2026.

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Des investissements structurants au cœur du projet

Les finances de la commune, présentées comme saines, permettent selon Patrick Marengo de conduire des projets d'envergure. Parmi les chantiers prioritaires figurent l'achèvement des travaux du front de mer, la réhabilitation des galeries Botton déjà engagée, puis celles de l'avenue de la République et de la rue Gambetta. La section investissement du budget 2026 inclurait notamment 2,9 millions d'euros pour le front de mer et 2 millions pour l'entretien courant de la voirie.

L'opposition dénonce un « excès de prudence »

La santé financière affichée par la municipalité est précisément ce que les élus d'opposition ont contesté. Jacques Guiard, élu de gauche, a pointé du doigt ce qu'il qualifie d'« excès de prudence » dans les prévisions, remettant en cause la sincérité budgétaire. Il a illustré son propos par l'exemple des droits de mutation : prévus à 1,65 million d'euros pour 2025, ils ont finalement atteint 2,80 millions. Le prélèvement sur le casino a également dépassé les attentes.

« Entre prudence et excès de prudence, il y a parfois un point qu'il ne faut peut-être pas franchir », a-t-il insisté, s'inquiétant aussi d'une baisse de 27% de la subvention au Centre communal d'action sociale. Thomas Lafarie, chef de l'opposition Royan Nouvel'R, a partagé ces doutes sur la sincérité des projections, tout en reconnaissant la nécessité de prudence dans un contexte international incertain.

Des critiques sur le manque de vision politique

Au-delà des chiffres, c'est l'absence de clarté stratégique qui a été fustigée. Nicolas Calbrix, du Rassemblement national, a déploré l'écart « gigantesque » entre prévisions et réalité, avec des dépenses de fonctionnement inférieures de 5,6 millions d'euros aux prévisions et des recettes supérieures de 4,7 millions. Mais sa critique principale porte sur le fond : « Dans ce rapport, il y a beaucoup de chiffres mais il n'y a pas d'explication sur ce que vous voulez mener comme politique. On n'a aucune orientation politique ».

Thomas Lafarie a, quant à lui, appelé à réorienter les investissements vers les quartiers résidentiels : « On a beaucoup investi sur la vitrine, il est temps maintenant d'investir pour les Royannais », plaidant pour la remise à niveau des trottoirs, chaussées, et la modernisation de l'éclairage public.

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La réponse sereine du maire

Face à ces attaques, Patrick Marengo est resté imperturbable, défendant sa ligne avec patience. Il a rappelé son attachement à un programme concret structuré autour de 16 axes, incluant l'amélioration de la voirie, la consolidation du secteur de la petite enfance, et la poursuite des grands chantiers en cours. « Je fais ce que je dis », a-t-il martelé, assurant que sa majorité tenait ses engagements.

Alors que la Ville programme déjà des études pour de futurs travaux, comme à l'église Notre-Dame, le débat budgétaire révèle des fractures profondes sur la gouvernance et la transparence financière, annonçant des discussions animées avant l'adoption définitive du budget.