Un budget prudent dans un contexte national incertain
À l'approche des élections municipales, la Communauté de communes du Seignanx a présenté, mercredi 4 février, un budget 2026 équilibré lors de son débat d'orientations budgétaires. Cette réunion, présidée par Isabelle Dufau, élue de Tarnos, marquait davantage l'achèvement de six années de mandature que le lancement de nouveaux projets structurants. Le prochain Conseil communautaire, prévu début mars, devra valider définitivement ce budget avant les possibles bouleversements politiques du 15 mars.
Une stratégie fiscale présentée comme efficace
Le rapport d'orientation budgétaire a été exposé par Jean-Marc Lespade, vice-président du Seignanx et ancien maire de Tarnos, assisté de Karine Dubuc, directrice générale adjointe des services, et Xabi Moulian, responsable des finances. « Si on veut résumer ce budget, on peut parler de maîtrise et de prudence », a déclaré Jean-Marc Lespade. La prudence s'explique par le fait que le budget a été élaboré avant l'adoption définitive de la loi de finances de l'État, tandis que la maîtrise se traduit par un équilibre budgétaire, comme l'année précédente.
Karine Dubuc a précisé les chiffres : « Sur celui de 2025, on est près de ce que l'on avait budgétisé, le budget en fonctionnement est sincère, avec 23 millions d'euros de dépenses. En investissement, on en est à 70 % du réalisé, soit 15 millions d'euros ». Jean-Marc Lespade a ajouté : « Avec le recul, on peut affirmer que notre stratégie fiscale a été efficace. Elle nous a permis de générer un peu plus d'1 million d'euros cette année, et 4,1 millions depuis 2022 ».
Cette stratégie incluait notamment la division par deux de la taxe d'enlèvement des ordures ménagères en 2022, passée de 10 à 5 %, et l'instauration d'une taxe sur le foncier bâti, visant les grandes activités industrielles. Selon l'élu, sans ces mesures, la collectivité aurait dû alourdir la fiscalité des ménages.
Dépenses et investissements prévus pour 2026
Isabelle Dufau a souligné que le budget 2026 s'inscrit dans « un contexte plus compliqué », avec des données nationales changeantes impactant directement la collectivité. Karine Dubuc a énuméré plusieurs ajustements nécessaires dus aux modifications de cotisations, dotations et prélèvements.
Les dépenses de fonctionnement prévues s'élèvent à 35 millions d'euros, incluant :
- La saison culturelle : 270 000 euros
- L'entretien du patrimoine : 400 000 euros
- Les fluides et énergie : 110 000 euros
- La hausse de la contribution au Sitcom : +114 000 euros
- La contribution au CIAS (Centre intercommunal d'action sociale) : 1 250 000 euros
En investissement, 19 millions d'euros sont prévus, avec :
- Acquisitions foncières : 1 million d'euros
- Voirie : 1,3 million d'euros
- Pistes cyclables : 780 000 euros
- Halte touristique de Saint-Barthélémy : 150 000 euros
- Voie de contournement du port : 230 000 euros
- Schéma directeur des eaux pluviales : 125 000 euros
- Mobilités (vélo, parking, covoiturage) : 30 000 euros
- Subventions pour le programme local d'habitat : 200 000 euros
- Fin du chantier du restaurant inter-entreprises : 2,4 millions d'euros
- Équipement aquatique communautaire : 10,7 millions d'euros
Un nouvel emprunt de 3 millions d'euros est prévu pour financer la piscine. Karine Dubuc a indiqué que le recours à l'emprunt reste limité, avec 3 millions en 2025, 3 millions en 2026 et 3,5 millions en 2027. La capacité d'endettement a un ratio de 3,3 ans, loin de la limite critique estimée à 12 ans. Jean-Marc Lespade a précisé que les taux d'emprunt de la Banque des territoires sont avantageux, autour de 0,7 %.
Critiques de l'opposition sur la dette et les dépenses
Lors du débat, Bertrand Lataillade, élu d'opposition de Tarnos, a exprimé des réserves. Il a regretté que le rapport consacre 10 pages sur 24 à la géopolitique, plutôt que de se concentrer sur des sujets locaux. « J'aurais préféré que vous évoquiez le fait que vous aviez déclaré être vigilante que le coût de la piscine ne dépasse pas les 13 millions d'euros, alors que nous en sommes déjà à 16 millions et demi », a-t-il déclaré.
Il a également pointé du doigt :
- La dette du Seignanx qui devrait tripler en cinq ans, passant de 3 à 10 millions d'euros
- Les intérêts annuels qui augmenteraient de 100 000 à plus de 250 000 euros
- La masse salariale qui aurait quasiment doublé, avec un passage de 27 à 45 agents en un mandat
« C'est surréaliste. Le Seignanx, pourtant riche, est devenu addict à la dette », a-t-il conclu. Jean-Marc Lespade lui a répondu sèchement : « Monsieur Lataillade, vous déraisonnez », marquant une ombre au tableau de ce mandat.
Ce débat budgétaire, teinté de tensions politiques, illustre les défis financiers des collectivités locales dans un contexte national mouvant, à quelques semaines d'élections déterminantes.



