Montpellier dévoile son budget 2026 : investissements massifs et stabilité fiscale
Les élus montpelliérains se sont réunis en conseil municipal ce mercredi 8 avril 2026 pour débattre des orientations budgétaires de l'année. Douze points étaient à l'ordre du jour, suscitant des échanges animés. Ce premier conseil de la nouvelle mandature, installée fin mars, a été marqué par la présentation des grandes lignes financières par Serge Guiseppin, nouvel adjoint aux finances. Ancien critique de la gestion municipale quand il était dans l'opposition, il a exposé une stratégie reposant sur trois piliers : la stabilité de la fiscalité, la poursuite des efforts de gestion et le maintien d'un niveau élevé d'investissement.
Des bases financières solides pour la ville
Serge Guiseppin a mis en avant des indicateurs clés pour justifier la robustesse des finances municipales. Le taux d'épargne brute atteint 15 %, soit 4 points de plus que la moyenne des grandes villes françaises. La dette est maîtrisée, avec une capacité de désendettement de 6,7 ans et un encours de 1 338 euros par habitant. Entre 2021 et 2024, l'effort d'investissement a été soutenu à hauteur de 503 millions d'euros. Toutefois, l'adjoint aux finances a dressé un constat inquiétant du contexte économique, lié à l'actualité internationale, et a déploré une ponction de 5 milliards d'euros imposée par l'État aux collectivités locales.
Stabilité des taux d'imposition et investissements ciblés
Malgré cette pression financière, les taux de fiscalité seront maintenus en 2026 : 52,63 % pour la taxe foncière, 22,49 % pour la taxe d'habitation sur les résidences secondaires et 112,71 % pour le foncier non bâti. L'épargne brute devrait augmenter de 4 % pour atteindre 45,60 millions d'euros. Les recrutements seront axés sur les écoles, la petite enfance, la police municipale et le centre d'art Mille formes. L'enveloppe d'investissement s'élève à 157 millions d'euros, répartis entre plusieurs projets phares : la construction d'écoles à la Mosson, la Cité de l'alimentation, l'hôtel des sécurités, la transition écologique des crèches et écoles, les équipements culturels et sportifs de proximité, et le Grand parc du Lunaret.
Critiques et défenses lors du débat
L'opposition a vivement réagi à ces propositions. Nathalie Oziol a qualifié le budget de "sans ambition", tandis que Salim Jawhari, porte-voix de la liste de Mohed Altrad, l'a jugé "pas assez prudent". Les élus insoumis, comme Antoine Bertrand, ont dénoncé "un projet de ville qui n'est qu'une trajectoire comptable" et ont reproché au maire de "protéger les propriétaires" en ne relevant pas la taxe foncière. En réponse, Salim Jawhari a défendu les 30 % de propriétaires montpelliérains, soulignant leur contribution à la richesse et à la solidarité locale.
Interventions des groupes de la majorité
Les représentants de la majorité ont également pris part au débat. Manu Reynaud (écologistes) a salué les efforts en matière d'indépendance énergétique et alimentaire. Hervé Martin (communistes) a exprimé ses préoccupations face à la baisse de 20 % de la dotation globale de fonctionnement (DGF). Julie Frêche (socialistes) a rappelé les avancées sociales du mandat précédent, telles que le soutien à six épiceries sociales et solidaires, la gratuité des transports, la mutuelle communale, les premiers mètres cubes d'eau gratuits et la cantine gratuite pour les plus modestes.
Le maire défend un budget "volontariste"
En conclusion, le maire Michaël Delafosse a défendu un budget qualifié de "volontariste", insistant sur l'importance des 157 millions d'euros d'investissement. Il a réaffirmé son double engagement : pas d'augmentation d'impôts et maintien d'un service public de qualité. Face aux critiques des insoumis, il a mis en avant la tarification sociale de la cantine et la gratuité des transports en commun, tout en apportant son soutien à Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, pour sa proposition de gratuité des transports pour les jeunes. Delafosse a également regretté la faiblesse de la DGF par rapport au revenu fiscal par habitant, appelant le gouvernement à des corrections pour une meilleure péréquation.
Ce débat, sanctionné par le vote "contre" des huit élus insoumis, a donné le ton pour les futurs conseils municipaux, marquant davantage des postures que des propositions concrètes.



