Bordeaux renforce les contrôles de sécurité dans les établissements publics après Crans-Montana
Bordeaux renforce les contrôles sécurité établissements publics

Bordeaux durcit le ton sur la sécurité des lieux publics

La municipalité de Bordeaux a annoncé, à la mi-février, un renforcement significatif des contrôles de sécurité menés auprès des établissements recevant du public (ERP). Cette initiative est menée en étroite collaboration avec l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie de Gironde. Cette décision intervient dans un contexte marqué par le drame survenu à Crans-Montana, en Suisse, lors de la nuit du nouvel an, qui a profondément ému l'opinion publique et alerté les autorités.

Une réponse aux directives nationales

En janvier, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a explicitement demandé aux préfets de renforcer les contrôles de sécurité dans ces lieux. Cette injonction fait suite aux graves manquements constatés au bar Le Constellation, qui n'avait pas été inspecté depuis cinq ans. La mairie de Bordeaux a rapidement pris acte de ces instructions. Dès le 13 février, elle a procédé au contrôle de deux nouveaux établissements, comme l'a révélé un communiqué officiel.

« La commission de sécurité a émis pour l'un un avis favorable à la poursuite de l'exploitation, assorti de prescriptions, et pour l'autre un avis défavorable avec interdiction d'exploiter le sous-sol », précise le document, qui ne dévoile pas les adresses concernées. Olivier Escots, adjoint au maire chargé des ERP, insiste sur l'objectif pédagogique : « Le but n'est pas de faire un tableau de chasse, mais d'accompagner les exploitants dans une mise en conformité. »

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Six fermetures et des rappels à l'ordre

Le 10 février, la mairie a adressé un courrier à une quarantaine d'établissements bordelais non soumis à des visites périodiques. Ce courrier a pour but de leur rappeler leurs obligations légales, notamment :

  • La maintenance des dispositifs de sécurité incendie.
  • Le strict respect des capacités d'accueil autorisées.
  • La conformité des installations techniques.

Olivier Escots soulève un problème croissant : « On constate qu'il existe de plus en plus de lieux classés comme bars ou restaurants qui se diversifient en accueillant des concerts ou des activités dansantes, s'apparentant ainsi à des boîtes de nuit, sans pour autant être soumis aux mêmes contraintes réglementaires. » L'élu assure que la municipalité n'a pas attendu le drame suisse pour agir, révélant que six fermetures, partielles ou totales, ont été prononcées au cours de l'année 2025.

Une prise de conscience et des craintes

« Cette tragédie a renforcé la prise de conscience des exploitants », estime Olivier Escots. Un avis que partage Julien Kunika, administrateur de l'Umih Gironde et propriétaire de trois établissements nocturnes à Bordeaux. Il explique : « Il y a une part de méconnaissance de certains professionnels sur la réglementation. Il faut aussi noter que dans ce métier, les charges sont lourdes et on cherche à économiser. Mais la vigilance est de mise. Par exemple, pour organiser une soirée avec des voilages, il ne faut pas choisir n'importe quel matériau à cause des risques d'incendie. »

Bien que favorable au renforcement des contrôles, Julien Kunika met en garde contre un amalgame potentiel qui pourrait stigmatiser tous les lieux accueillant du public comme étant dangereux. « C'est un peu fatigant pour ceux qui font un travail sérieux de constater qu'il y a eu trop de laisser-aller dans l'octroi des licences », s'agace-t-il, y voyant une forme de concurrence déloyale. Il espère que cette attention accrue portée à la sécurité permettra de « faire le ménage » entre les établissements aux normes et les autres.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale