Christine Bost passe le relais à Thomas Cazenave à Bordeaux Métropole : bilan d'une mandature
Bordeaux Métropole : Bost passe le relais à Cazenave

Transition de pouvoir à Bordeaux Métropole

Ce vendredi 24 avril marque un tournant pour Bordeaux Métropole. Christine Bost, présidente socialiste et maire d'Eysines, passe officiellement le relais à Thomas Cazenave, le nouveau maire Renaissance de Bordeaux. Cette transition intervient après le vote du conseil métropolitain et clôt une mandature de deux ans à la tête de l'intercommunalité.

Un bilan en demi-teinte pour la gauche

Dans son bureau du 15e étage des tours de Mériadeck, avec vue imprenable sur l'agglomération, Christine Bost dresse un bilan mitigé. « Ce n'est pas passé loin quand même ! », reconnaît-elle en évoquant la défaite de Pierre Hurmic aux municipales, dont son sort était lié. Elle pointe du doigt le retrait surprise de Philippe Dessertine, candidat de droite qui a réalisé 20% au premier tour, comme un facteur décisif dans la victoire étroite de Thomas Cazenave avec seulement 1 800 voix d'avance.

Le recul de la gauche métropolitaine se confirme avec les défaites d'Andréa Kiss au Haillan, Clément Rossignol Puech à Bègles et Nordine Guendez à Ambarès. « J'en tire une leçon de très grande prudence », commente la présidente sortante, évoquant des campagnes parfois peu respectueuses et des questions d'alliances locales.

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Investissements records et ambitions métropolitaines

Christine Bost revendique pourtant des réalisations significatives. « On n'a jamais consacré autant à la mobilité », affirme-t-elle, citant plus de trois milliards d'euros investis dans les transports. La mandature a vu l'arrivée de trois nouvelles lignes de tram, la desserte entre la gare Saint-Jean et l'aéroport, les lignes E et F, ainsi que le développement des bus express.

Le projet de RER métropolitain et la politique des déchets ont également marqué cette période, avec des contrats de coopération signés avec neuf territoires voisins. « Nous avons beaucoup investi pendant ce mandat : 3,8 milliards d'euros », précise-t-elle, répondant aux critiques sur l'endettement en parlant de « dynamique » et de « commande publique ».

La fin d'une ère pour les transports ?

Sur le front des mobilités, la présidente sortante est réaliste. « L'explosion des infrastructures comme on l'a connue depuis vingt-trente ans, c'est terminé », estime-t-elle, à l'exception du RER métropolitain. Elle privilégie désormais l'amélioration de l'existant plutôt que la création de nouvelles lignes, évoquant le travail de « robustification » du réseau de tramway vieillissant.

Concernant l'extension du réseau, elle est catégorique : « Je ne pense pas qu'on aura les moyens de réaliser de nouvelles lignes. Alors le métro, n'en parlons pas. » Un constat qu'elle partage probablement avec son successeur.

Relations politiques : entre cogestion et tensions

La mandature a été marquée par l'abandon de la cogestion avec la droite, remplacée par ce qu'un élu a qualifié de « cohabitation ». Christine Bost nuance : « Ça a été un mandat un peu pimenté, on ne s'est pas ennuyé », reconnaît-elle avec un sourire, évoquant les tensions parfois médiatisées avec les partenaires écologistes.

Malgré ces difficultés, elle met en avant des réalisations communes, comme la régie de l'eau, la politique tarifaire des transports, ou le projet ambitieux de planter un million d'arbres. « Notre majorité a permis de définir un certain nombre de marqueurs », insiste-t-elle, citant également les avancées sur le logement avec l'encadrement des loyers et deux opérations « coup de poing » de 20 millions d'euros chacune pour relancer la construction.

L'avenir de la gouvernance métropolitaine

Jeudi, dans un geste inédit, Christine Bost s'est tenue aux côtés de Thomas Cazenave pour annoncer les contours de la future gouvernance. Le nouveau président a proposé plusieurs vice-présidences à la gauche, laissant entrevoir un possible retour de la cogestion. « Vous verrez ! », répond-elle mystérieusement, avant d'ajouter : « L'ADN d'une intercommunalité, c'est le collectif. »

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Pour elle-même, l'avenir politique semble tracé. Après avoir évoqué sur le ton de la boutade l'idée d'ouvrir des chambres d'hôtes dans le Larzac, elle confirme sa probable candidature sur une liste PS aux sénatoriales de septembre. « Je pense que je peux, par mon expérience, ma connaissance des territoires, de la vie locale, apporter quelque chose », conclut-elle, prête à jouer un nouveau rôle dans l'opposition socialiste.