Le retour du sapin traditionnel à Bordeaux : une décision politique coûteuse
À peine élu, le nouveau maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a pris une décision symbolique en annonçant le retour d'un « grand sapin de Noël » traditionnel à la place Pey-Berland. Cette annonce met fin à l'expérience du sapin en verre, une œuvre durable installée sous le mandat précédent de Pierre Hurmic, pourtant déjà amortie financièrement.
La fin d'une œuvre controversée mais économique
Le sapin en verre de 11 mètres de haut, composé de Leds, de verre et d'acier, avait été installé à partir de 2021. Cette création, souvent critiquée sur les réseaux sociaux où elle était surnommée « arbre mort », représentait un investissement initial de 130 000 euros, auquel s'ajoutaient les frais de gardiennage. L'ancien maire écologiste Pierre Hurmic avait expliqué que cette œuvre « sobre », recyclée et « durable » avait été amortie en seulement cinq ans.
En comparaison, le sapin naturel traditionnel coûtait environ 60 000 euros par an, soit 300 000 euros sur la durée d'un mandat municipal. À ce coût financier s'ajoutait l'impact environnemental significatif du transport, nécessitant un « convoi exceptionnel qui traversait la région » depuis le lieu de coupe.
Une annonce politique aux conséquences budgétaires incertaines
La décision de Thomas Cazenave intervient dans le cadre de ses « 100 premiers jours » de mandat, qu'il promet « sans temps mort ». Cette annonce, qui ne coûtait « pas cher » politiquement parlant selon certains observateurs, s'inscrit dans une série de priorités affichées par le nouveau maire, incluant la « remise en état » de Tourny, le retour de l'éclairage nocturne et un « plan Marshall » pour la sécurité.
La municipalité n'a pas encore communiqué sur l'origine du prochain sapin naturel ni sur son coût exact, laissant planer des interrogations sur l'impact budgétaire de cette décision. Cette annonce relance également le débat esthétique et même liturgique autour de la célébration de Noël, certains conservateurs ayant autrefois accusé Pierre Hurmic de remettre en question la tradition même de cette fête.
L'œuvre en verre, devenue une machine à commentaires sur les réseaux sociaux, s'était même retrouvée faussement « à vendre » sur Leboncoin dès le lendemain de l'annonce, témoignant de la polarisation des opinions autour de ce symbole municipal. Le retour au sapin traditionnel, tel qu'il trônait devant la mairie durant les années Juppé, marque ainsi un tournant dans la politique culturelle et environnementale de la ville.



