Saintes : bilan des promesses de campagne de Bruno Drapron après six ans de mandat
Bilan des promesses de Bruno Drapron à Saintes après six ans

Saintes : le bilan contrasté des promesses de campagne de Bruno Drapron après six années

Que promettait le futur maire en 2020 ? Qu'a-t-il réellement accompli durant ces six années écoulées ? Le journal Sud Ouest a examiné en détail le document de campagne de Bruno Drapron et confronté ses engagements aux réalisations concrètes et aux chiffres budgétaires.

« 98 % de notre programme de 2020 est soit engagé, soit réalisé », affirmait Philippe Callaud, l'adjoint aux finances, dans le trimestriel municipal de septembre 2024. Une formulation suffisamment large pour éviter la contestation, mais qu'en est-il véritablement ?

Un contexte marqué par les crises

Bruno Drapron s'est dès le début projeté sur deux mandats, estimant ce délai nécessaire pour mener à bien des projets d'envergure. Cependant, de nombreux événements ont contrarié et freiné leur mise en œuvre tout en pesant lourdement sur les finances municipales.

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  • La pandémie de Covid-19
  • La guerre en Ukraine
  • Les inondations répétées
  • Les épisodes caniculaires
  • Les tempêtes destructrices
  • La dissolution de l'Assemblée nationale
  • Les incertitudes gouvernementales persistantes

Ces contraintes majeures ont affecté Saintes comme de nombreuses autres collectivités territoriales, complexifiant la réalisation du programme initial.

Les priorités de 2020 : un bilan mitigé

Examinons la page n°4 du document de campagne de 2020, intitulée « le bon plan pour Saintes ! », qui détaillait les priorités d'« un projet construit avec les Saintaises et Saintais ». Sur les 13 propositions phares, voici le constat :

  1. Agence d'attractivité : OUI, créée le 1er juillet 2023 sous la tutelle de Saintes Grandes Rives
  2. Réaménagement de Mendès-France : NON
  3. Sécurisation des abords de terrain blanc : NON
  4. Poulailler municipal : OUI, en partenariat avec l'association Saint-Fiacre
  5. Pôle muséal : NON
  6. Rénovation des arènes : OUI, bien que la majorité actuelle considère avoir presque tout repris à zéro
  7. Espace jeunes aux anciens abattoirs : NON
  8. Médiation : OUI
  9. Maison des associations : PARTIEL, pas d'office municipal mais création d'un espace associatif saintais
  10. Dojo : OUI, la maison des arts martiaux dans le quartier des Boiffiers est opérationnelle depuis mars
  11. Piste d'athlétisme : OUI, inaugurée en novembre 2022
  12. Terrain de foot hybride : NON
  13. Piscine d'été amovible : NON

Une réorientation stratégique vers la sécurité

En 2020, la sécurité figurait bien dans le programme mais était reléguée en dernière page, précédée du mot « prévention ». Les engagements initiaux incluaient le renforcement de la présence humaine, l'étude d'une vidéoprotection, la création d'un service de médiation et la verbalisation des dépôts sauvages.

Tous ces éléments ont été réalisés, mais la deuxième partie du mandat a connu une nette inflexion stratégique vers la sécurité, allant bien au-delà des intentions initiales :

  • Mise en place de la médiation de rue fin 2025
  • Ouverture d'un Centre de supervision urbain
  • Création d'une brigade anti-incivilités
  • Déménagement et renforcement de la police municipale (de 12 à 17 agents)
  • Acquisition d'un bateau, d'un drone et de motos pour la brigade motorisée
  • Mise en œuvre d'un permis de louer pour lutter contre l'habitat indigne
  • Réalisation d'un jardin clos devant le Présidial pour prévenir les occupations indésirables

Gestion budgétaire : entre imprévus et investissements

L'équipe municipale a dû faire face à des dépenses imprévues significatives :

« Nous avons assumé pour plus de dix millions d'euros juste pour l'entretien de l'existant », souligne Bruno Drapron, candidat à sa réélection. Parmi les charges non anticipées :

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  • Reprise complète du marché couvert de Saint-Pierre (800 000 euros)
  • Réfection des toitures des écoles (1,7 million d'euros)
  • Gestion de trois crues majeures

Malgré ces contraintes, les investissements municipaux se sont maintenus à un niveau élevé, culminant à plus de 13 millions d'euros pour des réalisations comme le boulodrome, la piste d'athlétisme et le dojo.

La fiscalité locale n'a pas été modifiée au niveau de la part communale, mais les bases fiscales ont augmenté suite à des décisions nationales. L'encours de la dette reste similaire à celui de 2014, avec un endettement par habitant supérieur à la moyenne nationale pour les villes de la même strate que Saintes.

Les dépenses de fonctionnement ont augmenté significativement, passant de 31,4 millions d'euros en 2021 à 36,6 millions en 2024, reflétant la difficulté à contenir les charges courantes.

Une majorité municipale érodée

Le mandat a été marqué par une érosion progressive de la majorité municipale. Initialement forte de 21 conseillers sur 36, elle n'en comptait plus que 16 en fin de mandat, avant de remonter à 17 grâce au ralliement de Pierre Dietz.

Cinq élus de la majorité sont entrés en dissidence successivement : François Ehlinger, Dominique Deren, Évelyne Parisi, Martine Buffet et Laurent Daviet, témoignant des tensions internes au sein de l'équipe municipale.

Ce bilan contrasté montre à la fois des réalisations concrètes et des réorientations significatives, dans un contexte marqué par des crises multiples et des défis budgétaires croissants.