Arbonne tourne la page : Guillaume Fourquet, nouveau maire, prône l'apaisement après des années de divisions
Arbonne : Guillaume Fourquet, nouveau maire, prône l'apaisement

Arbonne tourne la page avec l'arrivée de Guillaume Fourquet, un maire pacificateur

Une ère nouvelle s'ouvre à Arbonne, après des années de confrontations houleuses entre l'ancienne maire Marie-José Mialocq et son opposant historique Beñat Arla. Guillaume Fourquet, 62 ans, conseiller en développement dans le domaine du e-commerce, a été officiellement installé ce samedi 28 mars. Il succède à Marie-José Mialocq, dont les dix-huit ans de mandat sans concession ont laissé un village profondément divisé. Le nouveau maire se pose en pacificateur, promettant une rupture dans la méthode, avec davantage de transparence et une plus grande place accordée à l'opposition, qu'il préfère qualifier de « minorité ».

Une troisième voie pour surmonter les clivages

Tête de liste pour la première fois, Guillaume Fourquet a réussi à se frayer un chemin entre la candidate de la majorité sortante, Jacqueline Peigneguy, et l'opposant historique Beñat Arla. « Honnêtement, le contexte était assez favorable », explique-t-il. « Madame Mialocq ne se représentait pas après trois mandats et Monsieur Arla avait une personnalité assez forte. Je pensais qu'il y avait l'espace pour quelqu'un qui pouvait régler les tensions. » Après un mandat aux côtés de Marie-José Mialocq (2014-2020), il a préféré quitter la mairie suite à des désaccords, s'impliquant alors dans la bibliothèque municipale. De l'extérieur, il a mieux compris les attentes des Arbonars : un besoin d'apaisement et d'être associés aux projets.

Il se définit comme une « troisième voie », capable de parler à tout le monde. « Je suis celui qui a dit non à Madame Mialocq. Je pense que je suis passé pour quelqu'un qui a des convictions et qui entendait les préserver », affirme-t-il. Concernant Beñat Arla, il reconnaît des programmes proches mais des méthodes différentes : « Nous, on souhaite que tous les groupes s'entendent. On ne veut plus qu'Arbonne défraie la chronique. Il faut arriver à proposer une image positive. » Élu avec 56,35 % des voix au second tour, il insiste sur cette volonté de renouveau.

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Une rupture méthodologique pour réconcilier le village

Guillaume Fourquet rejette toute filiation avec son prédécesseur : « Non, je ne me définirais pas dans la suite de Madame Mialocq. Elle a été une maire avec une personnalité assez forte, elle a fait preuve de ténacité et de courage. Maintenant, les Arbonars demandent plus d'ouverture et de transparence. On ne veut pas renverser la table sur le fond des projets. Mais sur la forme, oui, il faut tout refaire, tout reprendre. » Il a également refusé tout rapprochement en vue du second tour, malgré les appels de Marie-José Mialocq et Jacqueline Peigneguy, préférant affirmer son indépendance.

Sa première action concrète sera de tendre la main au groupe minoritaire. « La première chose qu'il faut faire, c'est tendre la main au groupe minoritaire, qu'on appelle ainsi, et non plus opposition. Leur demander s'ils sont d'accord pour travailler avec nous. Il représente quand même 45 % du village », souligne-t-il. Ce groupe aura accès à la majorité des documents et aux clés de la mairie pour se réunir, même si la décision finale reviendra à la majorité. « La minorité a des compétences et Arbonne ne peut pas s'en passer », ajoute-t-il, décrivant un village fracturé en deux après les élections de 2020, où « ce n'était plus un fossé, c'était un gouffre ».

Des projets prioritaires dans un contexte financier tendu

Guillaume Fourquet rencontrera le sous-préfet ce mardi 31 mars pour évoquer l'avenir du terrain de football, crucial pour le projet de Plaine des sports. « Une Plaine des sports, ça coûte 2 à 2,5 millions d'euros. La vente de l'actuel terrain de football à un promoteur est essentielle pour la financer », explique-t-il, tout en reconnaissant les défis liés à l'inondabilité du site. Si le caractère inondable est avéré, il envisage des alternatives comme un club communautaire avec les villages voisins.

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Parmi ses autres dossiers prioritaires, il cite la revitalisation du centre-bourg avec un café culturel à la place de la bibliothèque, qui déménagera dans l'ancienne école. La construction d'une salle communale est prévue, mais plutôt en fin de mandat, « parce que les finances ne sont pas terribles ». Arbonne affiche une dette de 2,8 millions d'euros pour un budget de fonctionnement de 2 millions, un audit étant en cours.

Une intronisation marquée par l'émotion et des engagements

Lors de son intronisation officielle, Guillaume Fourquet, visiblement ému, a remercié ses colistiers et les électeurs. Il s'est adressé au groupe d'opposition, l'invitant à œuvrer ensemble de façon sereine. Ce souhait d'échanges apaisés a reçu un accueil globalement favorable. Beñat Arla a profité de l'occasion pour rappeler qu'il est malvoyant et n'avait jamais pu obtenir les documents sous un format exploitable lors du précédent mandat. Il a demandé « simplement de disposer des moyens d'exercer son mandat dans les mêmes conditions que les autres élus », une requête immédiatement acceptée par le nouveau maire.

Cette installation marque un tournant pour Arbonne, avec la promesse d'une gouvernance plus inclusive et transparente, visant à restaurer l'unité d'un village longtemps déchiré par des conflits politiques.