Limitation à 80 km/h : la Lozère demande plus de souplesse à l'État
80 km/h : la Lozère réclame une adaptation locale

Et si la question des 80 km/h sur les routes nationales n’était pas définitivement tranchée ? Dans un communiqué du jeudi 30 avril 2026, le conseil départemental de la Lozère remet le sujet sur la table en interpellant le ministre des Transports, Philippe Tabarot. En cause : une application jugée trop uniforme des limitations de vitesse, notamment sur les routes nationales qui traversent le pays des sources, la RN88 et la RN106, sous contrôle de l’État.

Des incohérences pointées du doigt

Le Département met en avant une réalité locale faite de contrastes : un réseau vaste, peu circulé, mais ponctué de configurations très diverses. Résultat, selon lui, certaines portions autoriseraient une circulation plus rapide sans compromettre la sécurité. La RN88 est citée en exemple : « Sur 32 km, pas moins de 32 changements de limitation, de 110 à 50 km/h, pour seulement deux traversées de villages. » Une situation qualifiée de « peu lisible » pour les usagers.

Une revendication politique

Au-delà du constat, la demande est claire : permettre une adaptation locale des vitesses, y compris sur les axes structurants aujourd’hui verrouillés par l’État. Car si les départements peuvent déjà relever à 90 km/h certaines routes dont ils ont la gestion, ils restent sans prise sur les nationales. Derrière cette revendication technique se joue en réalité un enjeu politique plus large : celui du partage des compétences entre État et collectivités. En filigrane, la Lozère défend la capacité des territoires ruraux à décider eux-mêmes, au nom d’une meilleure connaissance du terrain.

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Un débat qui refait surface

Le débat n’est pas nouveau. La limitation à 80 km/h avait cristallisé les tensions lors du mouvement des Gilets jaunes, symbole pour beaucoup d’une décision descendante et déconnectée. Depuis, la mesure est défendue par les autorités comme un levier efficace de baisse de la mortalité, notamment par la Sécurité routière. En choisissant un ton mesuré, évoquant une « réflexion » plutôt qu’une remise en cause frontale, le Département avance prudemment. Mais le message est limpide : dans les territoires peu denses, la règle nationale peine encore à convaincre. Et le débat sur les 80 km/h, lui, reprend de la vitesse.

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