Une enveloppe d'urgence de 5 millions d'euros pour le Lot-et-Garonne
La collectivité présidée par Sophie Borderie a activé un plan d'urgence conséquent en réponse aux récentes crues et intempéries qui ont frappé le territoire. Une enveloppe financière de 5 millions d'euros a été débloquée pour réparer les infrastructures endommagées, protéger les populations les plus vulnérables et accompagner les agriculteurs ainsi que l'ensemble du territoire dans cette période difficile.
Les infrastructures routières en première ligne
Comme anticipé, ce sont les infrastructures routières qui vont absorber la part la plus importante de ce budget d'urgence. Sur les 5 millions d'euros alloués, 3,4 millions sont spécifiquement fléchés vers la réparation des routes et ponts départementaux. Daniel Borie, vice-président en charge de l'aménagement du territoire, des infrastructures et de la mobilité, a précisé que ce montant pourrait n'être qu'une provision initiale : « Le chiffrage des dégâts n'est pas encore fiabilisé. Mais cela va permettre de lancer les premières réparations ».
Les crues, nommées Nils et Pedro, ont causé des dégâts considérables sur le réseau routier. À leur pic d'intensité, elles ont neutralisé 75 routes départementales et dix ponts sur les 13 permettant de franchir la Garonne. L'élu du Fumélois a détaillé les travaux nécessaires : « Il va falloir un mois pour nettoyer, curer, abattre et évacuer les arbres et embâcles. Le traitement de la sécurisation complète ne devrait pas intervenir avant la fin mars ».
Un inventaire complet des dégâts
Les premiers constats mettent en évidence l'urgence de rouvrir les fossés d'assainissement des chaussées et de remplacer la signalisation routière. Les experts ont également identifié des arrachages de couche de roulement et des impacts sur la maçonnerie des ouvrages d'art. L'inventaire complet des dégâts nécessite encore une inspection du réseau navigable, avec une pression temporelle importante puisque le Lot et la Baïse doivent rouvrir à la navigation avant le 1er avril.
Le plan d'urgence prévoit également l'indemnisation des 170 agents mobilisés pour gérer les 450 interventions réalisées pendant l'épisode climatique. Un crédit spécifique de 30 000 euros a été inscrit au budget pour cette compensation, tandis que 51 000 euros supplémentaires seront consacrés à la remise en état des sept collèges endommagés par les inondations.
Mesures d'accompagnement pour l'agriculture et les communes
Au-delà des réparations d'infrastructures, le dispositif d'urgence comprend des mesures financières et sociales spécifiques pour soutenir l'agriculture locale, avec une enveloppe de 500 000 euros dédiée aux exploitants agricoles. Les services d'aide à la personne et les communes bénéficieront également d'un accompagnement, avec la mobilisation de LG Ingénierie pour les assister techniquement.
Sophie Borderie, présidente du Conseil départemental, a salué la réaction collective : « Nous avons su, ensemble, nous adapter, démontrer notre capacité à réagir avec efficacité et rapidité ». Le dispositif d'aide Facil a par ailleurs été réactivé pour apporter un soutien supplémentaire aux sinistrés.
Débat sur la taxe Gemapi et la prévention des inondations
Le plan d'urgence n'a pas fait l'unanimité au sein de l'assemblée départementale. Paul Chollet, chef de l'opposition, a contesté ce qu'il qualifie de « concert de louanges et d'autocongratulations », dénonçant un défaut d'analyse dans la gestion de la crise. Son intervention a ouvert un débat plus large sur la taxe Gemapi, cet impôt levé par les intercommunalités pour financer la prévention des risques d'inondation.
Jacques Bilirit, président de Val de Garonne Agglomération, a révélé que la facture pour colmater les neuf brèches ouvertes dans les digues s'élèverait à 13,5 millions d'euros. Il a remis en question le système actuel : « C'est une aberration de penser que la protection contre les inondations doit relever des intercommunalités. Il faut que la donne change et que la solidarité s'exerce au niveau des bassins ou au niveau national. On sait que ce genre de phénomène va se reproduire ».
Son collègue Laurent Capelle, maire de Jusix, a pour sa part souligné les limites des prévisions météorologiques de l'État : « On est passé de la vigilance orange à rouge en quelques heures. Il y a eu une amplitude de deux mètres lors de cette crue, qui n'était pas majeure ». Ces interventions mettent en lumière les défis structurels de la gestion des risques d'inondation dans un contexte de changement climatique.



