Un conseil municipal historique à Nîmes pour l'élection de Vincent Bouget
Dans un Centre des congrès de Nîmes plein à craquer, ce vendredi 27 mars, Vincent Bouget a officiellement revêtu l'écharpe tricolore de maire, déclarant être le représentant de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. L'élu communiste, à la tête d'une liste de gauche plurielle, a été confirmé dans ses fonctions cinq jours après sa victoire aux élections municipales, devançant Julien Sanchez du Rassemblement National de 1 852 voix au second tour.
Une affluence exceptionnelle et des tensions politiques palpables
Le Centre des congrès, dernier héritage de l'ancien maire Jean-Paul Fournier, s'est avéré trop petit pour accueillir le premier conseil municipal de l'ère Bouget. Plus de 500 personnes ont rempli la salle, tandis que presque autant ont suivi l'événement en direct depuis le Prolé, un lieu adjacent, témoignant d'un vif intérêt citoyen pour ce moment historique. Parmi les présents, des jeunes assistant à leur première assemblée politique côtoient des anciens ayant connu les mandats d'Emile Jourdan, maire communiste de 1963 à 1983.
La doyenne de l'assemblée, Monique Boissière (élue RN), a assuré le rôle de maîtresse de cérémonie avec une mixte d'élégance, d'humour et d'autorité, n'hésitant pas à calmer les ardeurs des supporters de Bouget. Les leaders de l'opposition ont ensuite pris la parole, révélant des divisions au sein de la droite républicaine. Julien Plantier et Franck Proust ont annoncé la formation de deux groupes distincts, promettant une opposition exigeante, vigilante et constructive, tandis que Franck Proust a souhaité le meilleur à la nouvelle majorité.
Julien Sanchez, candidat du RN arrivé deuxième, a adopté un ton beaucoup plus agressif, critiquant Franck Proust et évoquant un recours déposé au tribunal administratif. Il a été hué par la salle lors de ses déclarations sur la sécurité et le développement économique.
L'élection et le discours rassembleur du nouveau maire
Lors du vote pour désigner le maire, Vincent Bouget a obtenu 42 voix contre 11 pour Julien Sanchez et 1 pour Franck Proust, confirmant sa majorité. Dans un geste symbolique, Bouget a joint les mains en signe de remerciement et de prière envers l'assemblée, un moment surnommé Vincent namaste par certains observateurs.
Dans son discours, le nouveau maire a insisté sur l'unité : Je ne serai pas le maire d'un clan, mais celui de toutes les Nîmoises et de tous les Nîmois. Il a abordé des thèmes clés comme la sécurité, la solidarité et l'écologie, s'adressant également aux abstentionnistes et aux électeurs d'autres listes. Ensemble, nous reprendrons le pouvoir sur notre destin commun, a-t-il affirmé, promettant de retisser les liens sociaux et de faire de la solidarité une identité commune.
La désignation des adjoints et les suites du conseil
Amal Couvreur, colistière populaire de Bouget, lui a remis l'écharpe tricolore avec émotion, soulignant la responsabilité et la détermination de l'équipe élue. Vingt-deux adjoints ont été désignés, avec une innovation notable : cinq d'entre eux seront spécifiquement dédiés aux quartiers, reflétant une volonté de proximité avec les habitants.
Les délibérations techniques qui ont suivi ont notamment abordé les indemnités des élus, restées inchangées. La séance s'est conclue par un apéritif populaire au Centre des congrès, qui a débordé jusqu'au Prolé, symbolisant l'enthousiasme et l'engagement de la communauté nîmoise dans ce nouveau chapitre politique.



