La députée Léa Balage El Mariky jette les amendements au sol pour dénoncer l'obstruction parlementaire
Une députée jette les amendements au sol contre le vote des étrangers

Une scène symbolique à l'Assemblée nationale

Ce mardi 10 février, l'Assemblée nationale a été le théâtre d'une démonstration spectaculaire de la députée de Paris Léa Balage El Mariky. Porte-parole du groupe Écologiste et Social, elle a littéralement jeté à terre des piles d'amendements pour exprimer sa colère face à ce qu'elle qualifie de "record d'indignité parlementaire".

L'obstruction systématique sur le droit de vote des étrangers

La scène s'est déroulée en marge de la journée de niche parlementaire des députés écologistes prévue le jeudi 12 février. Les écologistes comptent défendre neuf propositions de loi, dont celle accordant le droit de vote aux étrangers non ressortissants de l'Union européenne pour les élections municipales. Cette mesure, portée par la gauche depuis des décennies, avait franchi un premier obstacle la semaine précédente en étant adoptée en seconde lecture par la commission des lois.

"Je vais vous parler du record d'indignité parlementaire", s'est emportée Léa Balage El Mariky devant les journalistes. "Parce que nous avions fait adopter malgré tous les pronostics cette proposition de loi en commission, la droite et l'extrême droite ont paniqué pendant ce week-end. Elle a paniqué, elle a détourné les faits, la réalité pour empêcher ce débat de bien se tenir."

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Plus de 500 amendements déposés

L'opposition de la droite et de l'extrême droite s'est concrétisée par le dépôt de plus de 500 amendements, une manœuvre destinée à faire durer les débats et potentiellement empêcher l'examen du texte dans les délais impartis. Face à cette stratégie d'obstruction, la députée écologiste a réagi avec fermeté.

"Nous n'avons pas peur de ces 500 amendements. Nous n'aurons pas peur des propos xénophobes. Nous n'aurons pas peur de ce qu'ils ont essayé de faire avec cette niche", a-t-elle déclaré en laissant successivement tomber à terre les piles de documents. Elle a ensuite promis de "continuer le travail transpartisan, patiemment".

Une proposition reléguée en dernière position

En raison de cette masse d'amendements, le groupe écologiste présidé par Cyrielle Chatelain a dû revoir son calendrier. Initialement prévue en cinquième position, la proposition de loi constitutionnelle sur le vote des étrangers aux municipales a été reléguée à la neuvième et dernière place de la niche parlementaire. Cette décision rend peu probable son examen complet lors de la journée du jeudi 12 février.

La manœuvre d'obstruction parlementaire illustre les tensions persistantes autour de cette question historique. Le droit de vote des étrangers extra-communautaires aux élections municipales reste un sujet profondément clivant dans le paysage politique français, opposant traditionnellement la gauche aux forces conservatrices et nationalistes.

Malgré ce revers tactique, les écologistes maintiennent leur détermination à porter ce texte. La scène symbolique de ce mardi à l'Assemblée nationale témoigne de l'intensité des débats qui entourent cette proposition et de la volonté de ses partisans de contourner les stratégies d'obstruction parlementaire.

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