Accord municipal à Toulouse : LFI et PS scellent une union inattendue pour le second tour
Toulouse : LFI et PS unis pour le second tour des municipales

Une nuit de négociations au café Euréka aboutit à une alliance historique

Le café était « fort et amer », selon un participant, résumant l'atmosphère des pourparlers. Les équipes de campagne de François Piquemal, représentant La France insoumise (LFI), et de François Briançon, du Parti socialiste (PS), ont passé toute la nuit du dimanche au lundi 16 mars au café Euréka, un espace de coworking discret situé en retrait du centre-ville de Toulouse, dans la Haute-Garonne. Dès 9 heures ce lundi matin, l'accord entre les deux listes de gauche était prêt à être présenté, sans fioritures, devant la presse massée au bout de l'impasse de la Colombette.

Jean-Luc Moudenc avait prédit cette fusion

Le maire sortant de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, arrivé en tête au premier tour avec 37,23 % des voix, avait publiquement parié sur une fusion « des deux François » avant le second tour des élections municipales. Cependant, les électeurs de la Ville rose ont réservé une surprise au Parti socialiste en plaçant la liste du jeune député insoumis François Piquemal (27,56 %) devant celle de François Briançon, qui se revendiquait pourtant de « la gauche unie » (24,99 %).

Un nouvel accord qui enterre les précédentes alliances

L'accord précédent passé par François Briançon avec les écologistes, qui promettait la présidence de la Métropole à Régis Godec, est désormais jeté aux orties. Le nouveau deal prévoit d'installer le chef de file de LFI, François Piquemal, au Capitole en cas de victoire, tandis que François Briançon, premier secrétaire fédéral du PS de la Haute-Garonne, se réserve la présidence de l'assemblée métropolitaine, qui rassemble trente-six communes autour de Toulouse.

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« L'union est dans mon ADN », a plaidé François Briançon devant une forêt de micros et de caméras. Son ancien partenaire écologiste, Régis Godec, a fait contre mauvaise fortune bon cœur, déclarant : « J'ai suivi le principe de réalité. » La nouvelle liste de rassemblement des deux gauches, réputées « irréconciliables », n'a pas été dévoilée à l'heure du petit déjeuner, mais on sait que la deuxième position symbolique sur les futurs bulletins de vote est attribuée à Isabelle Hardy, issue de Générations.

Les réactions politiques et les conséquences de cette fusion

Isabelle Hardy, ancienne adjointe de Pierre Cohen, avait feint de briguer la tête de liste lors de la primaire orchestrée entre les différentes factions de gauche l'année dernière. Premier effet de cette fusion : le Parti radical de gauche (PRG) annonce son retrait des bulletins de François Briançon. Laurent Chérubin, maire réélu de Labège et président du PRG en Haute-Garonne, a déclaré dans un communiqué : « Les Toulousains qui se reconnaissent dans une gauche républicaine, laïque et réformiste méritent une offre politique à la hauteur de leurs convictions. »

Carole Delga, présidente de la région Occitanie, avait récemment réitéré son opposition à tout accord avec les troupes de Jean-Luc Mélenchon lors d'une conférence de presse commune. François Briançon est soutenu ostensiblement par Sébastien Vincini, président du conseil départemental de la Haute-Garonne et ancien négociateur national des accords du Nouveau Front populaire (NFP) et de la Nupes.

L'imprimatur d'Olivier Faure et les risques politiques

L'accord de Toulouse porte clairement l'empreinte d'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, qui pose un acte fort face à ses opposants internes. « Je me suis entretenu avec Faure dans la nuit », a confirmé François Briançon. En signant la paix avec son ancien concurrent de LFI, le Toulousain prend le risque de rallumer la guerre des roses au sein du Parti socialiste à l'échelle nationale, suscitant des tensions et des débats sur l'avenir de la gauche française.

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