Municipales 2026 à Sète : le cœur battant de la ville face à ses défis
À quelques mois des élections municipales de 2026, Midi Libre donne la parole aux quartiers sétois. Ce samedi 29 février, direction le cœur de ville, véritable poumon de l'Île singulière où se croisent habitants, riverains des quartiers voisins et touristes. Entre animation permanente et concentration touristique, les attentes des résidents se cristallisent autour de plusieurs enjeux majeurs.
Un centre historique animé mais sous pression
Les halles, les rues commerçantes, le parc Simone-Veil, la place du Poufre et les différents quais constituent l'âme de ce quartier central. "Le poumon de la ville", comme l'appellent certains, draine une population diverse : Sétois du centre, mais aussi habitants de l'Île de Thau, de la Corniche, du Château Vert ou du Kursaal, sans oublier les nombreux touristes.
Le taux de vacance commerciale n'est qu'à 4,2 % à Sète, contre 10 à 12 % au niveau national, une performance que le tourisme explique en partie. "Les halles et le marché du mercredi sont des fondamentaux. Ils sont agréables et pratiques", témoigne un habitant. Pourtant, cette vitalité commerciale masque d'autres réalités.
Tourisme et crise de l'habitat : un équilibre fragile
L'affluence touristique pose des défis considérables. Le centre-ville n'est pas extensible, et de nombreux riverains constatent dans leur voisinage des appartements vides une grande partie de l'année. Remplis pendant les vacances ou la saison estivale, ces meublés de tourisme participent à la crise de l'habitat et aux difficultés pour se loger à l'année.
"De nombreuses maisons sont inhabitées une partie de l'année, il ne faudrait pas que Sète devienne une coquille vide", s'inquiète Anne, résidente du quartier. Cette tension entre animation touristique et vie locale permanente constitue l'un des enjeux centraux du prochain mandat municipal.
Le parking Aristide-Briand : un projet qui divise
Pour faire face à l'activité quotidienne et à l'élan touristique, le quartier a connu son plus grand bouleversement récent avec la création du parking Aristide-Briand. Ce projet a profondément divisé la population.
"Il se pourrait qu'il ramène des clients dans le centre-ville", espère une commerçante. Mais d'autres résidents regrettent l'esplanade perdue : "où tout le monde se mélangeait, se retrouvait, pour discuter et profiter du soleil et des enfants qui jouent". Certains auraient préféré des navettes laissant les voitures hors du centre.
Végétalisation et aménagement : des attentes fortes
Si le parking a cristallisé les critiques, les habitants s'accordent sur un autre point : le besoin de végétalisation. La piétonnisation du cœur de ville, prolongée par les travaux de la rue Alsace-Lorraine terminés il y a sept ans, est appréciée, mais les résidents regrettent le manque d'arbres ajoutés depuis.
"La piétonnisation a été une très bonne chose, mais elle a été faite de façon très minérale. Ça manque de verdure et d'espace pour les enfants", constate Thierry, né à Sète. Samia, commerçante, ajoute : "La rue Alsace-Lorraine est tellement grande que quelques arbres pourraient se fondre dans le décor".
Une vie de quartier riche mais perfectible
Malgré ces défis, il fait bon vivre dans le cœur battant de Sète. Les terrasses ne désemplissent pas, qu'il y ait du vent, des nuages ou un immense soleil. Le quartier bénéficie d'animations incessantes : festivités comme la Saint-Louis et la Saint-Pierre, événements ponctuels, galeries d'art cachées dans les rues.
"À mon arrivée, j'étais frustrée de ne pas pouvoir tout faire", raconte une Sétoise habitant le long d'un quai. Les résidents restent attachés à leurs maisons colorées, au charme de l'ancien, et à la facilité de tout faire à pied.
Les voix des habitants : des préoccupations concrètes
Viviane apprécie la proximité mais souhaite des trottoirs plus sûrs et le maintien des places de stationnement gratuites sur les quais. Elle demande aussi plus de consultation des Sétois pour les futurs projets.
Thierry, natif de Sète, regrette le manque de pistes cyclables et la circulation des gros camions dans le centre. "Ils ne devraient plus pouvoir passer les ponts", estime-t-il.
Anne adore l'animation touristique mais craint pour l'avenir : "Les familles s'en vont. Il n'y a plus d'enfants ici, alors que ça devrait être l'avenir de la ville".
Flavien, père de famille, trouve le quartier sécurisant pour sa fille collégienne, même s'il manque peut-être de parcs de jeux. Il apprécie particulièrement l'échelle humaine des lieux.
Samia, commerçante, souligne le manque d'éclairage dans certaines rues et souhaite une rénovation du passage du Dauphin pour le rendre plus attractif.
Vincent, installé depuis 25 ans à Sète, adore ce quartier "à la fois grande ville et village", mais déplore le manque d'arbres et de pistes cyclables sécurisées.
Alors que les municipales 2026 approchent, les habitants du cœur de Sète expriment ainsi leur attachement à un quartier vivant mais confronté à des défis cruciaux : équilibrer tourisme et vie locale, lutter contre la vacance saisonnière des logements, améliorer les espaces verts et les infrastructures de mobilité douce. Autant d'enjeux qui figureront certainement au cœur des débats électoraux.



