Sénatoriales 2026 : LR et PS espèrent limiter la casse face au RN
Sénatoriales 2026 : LR et PS face à l'irruption du RN

À six mois des élections sénatoriales de septembre 2026, Les Républicains (LR) et le Parti socialiste (PS) redoutent une poussée historique du Rassemblement national (RN). Selon des projections internes, le RN pourrait décrocher entre 15 et 25 sièges, faisant son entrée au Palais du Luxembourg pour la première fois depuis 1958.

Un mode de scrutin favorable aux sortants

Le Sénat est renouvelé par moitié tous les trois ans au suffrage indirect, par un collège de grands électeurs (députés, conseillers régionaux, départementaux et municipaux). Ce mode de scrutin favorise traditionnellement les partis implantés localement, comme LR et le PS. Cependant, la montée du RN dans les conseils municipaux et régionaux depuis 2020 lui offre désormais une base électorale significative.

Selon un spécialiste électoral interrogé par Le Monde, « le RN pourrait capitaliser sur ses 88 députés et ses nombreux élus locaux pour présenter des candidats dans une centaine de départements ». En 2023, le parti n’avait obtenu qu’un seul sénateur, Stéphane Ravier, issu de la scission avec Reconquête!.

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LR en position défensive

Les Républicains, qui disposent de 145 sièges sur 348, sont les plus menacés. Le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, a déclaré : « Nous devons mobiliser nos grands électeurs pour éviter une vague RN. » Le parti mise sur son ancrage territorial et la notoriété de ses sortants pour limiter les pertes, estimées entre 10 et 15 sièges.

De son côté, le PS, qui compte 64 sénateurs, espère sauver l’essentiel. Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a affirmé : « Nous sommes confiants dans notre capacité à résister, car le Sénat reste un rempart contre l’extrême droite. » Les socialistes misent sur les alliances avec les radicaux et les écologistes pour conserver leurs bastions.

La stratégie du RN

Le RN, dirigé par Jordan Bardella, vise une percée médiatique plus qu’une prise de pouvoir. Avec une vingtaine de sièges, il pourrait former un groupe autonome et obtenir des postes clés au bureau du Sénat. « L’objectif est de peser sur les débats et de montrer que nous sommes une force de gouvernement », a expliqué un cadre du parti.

Les candidats RN seront majoritairement des élus locaux, souvent méconnus du grand public, mais bien implantés dans leurs territoires. Le parti compte sur la lassitude des électeurs et la faible participation (environ 95 % des grands électeurs votent) pour surprendre.

Un enjeu national

Ces élections sénatoriales sont perçues comme un test avant la présidentielle de 2027. Une entrée en force du RN au Sénat changerait l’équilibre institutionnel et offrirait une tribune au parti. Pour l’exécutif, une poussée RN compliquerait l’adoption de réformes, notamment celle des retraites, qui nécessite un vote conforme des deux chambres.

Selon un sondage Ifop réalisé en juin 2026, 34 % des grands électeurs se disent prêts à voter pour un candidat RN, contre 28 % pour LR et 22 % pour le PS. Ces chiffres, bien qu’à prendre avec prudence, confirment la dynamique du parti d’extrême droite.

Les autres forces en présence

Le MoDem et l’UDI, alliés de la majorité présidentielle, espèrent progresser, tandis que La France insoumise et les écologistes visent une dizaine de sièges chacun. Le Parti communiste, en déclin, pourrait perdre plusieurs de ses 14 sénateurs.

Les élections sénatoriales se dérouleront le 27 septembre 2026. Les candidatures devront être déposées avant le 1er septembre. La campagne officielle débutera en août, mais les manœuvres en coulisses ont déjà commencé.

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