Serge Blanco s'impose à Biarritz en écoutant les habitants éloignés du littoral
La victoire écrasante de Serge Blanco aux élections municipales de Biarritz, où il a obtenu 42% des suffrages dès le premier tour, s'explique largement par sa capacité à toucher les électeurs résidant loin des plages et confrontés aux inconvénients de l'attractivité balnéaire, notamment en matière de logement. L'aura de l'ancien rugbyman, surnommé le « Pelé du rugby », a certes joué un rôle majeur en offrant une exposition médiatique exceptionnelle pour son entrée en politique. Cependant, le Biarrot de 67 ans a surtout su capitaliser sur une campagne teintée de nostalgie, promettant de redonner aux quartiers leur bon vivre d'antan, lorsque le prix du mètre carré ne chassait pas les jeunes actifs hors de la commune.
Une campagne axée sur les quartiers populaires et la défense du territoire
Le déclencheur de l'engagement politique de Serge Blanco a été le projet de construction de 250 logements à Aguilera, imposé l'été dernier par la maire sortante Maider Arosteguy. Cette perspective d'immeubles entre le Jai Alai et le terrain d'honneur du Biarritz Olympique a galvanisé les supporters du club et mobilisé l'ancien sportif, président du rugby amateur. Loin du Biarritz balnéaire, les habitants des quartiers populaires, qui se sentaient délaissés, ont vu en lui le défenseur de leurs associations et de leurs préoccupations quotidiennes.
Dans le quartier de la gare, toujours appelé « La Négresse » par 90% des Biarrots malgré l'interdiction judiciaire, Serge Blanco a enregistré une adhésion massive dès le 15 mars. Au second tour, la dynamique s'est étendue aux secteurs côtiers traditionnellement acquis à la droite, comme Beaurivage ou Saint-Charles, où il est arrivé en tête dans tous les bureaux de vote. Face à cette vague, Maider Arosteguy a rapidement compris que la partie était perdue, ne devançant son adversaire que de quelques dizaines de voix dans deux bureaux du centre-ville.
Le bilan inaudible de la maire sortante et les promesses du nouveau maire
Maider Arosteguy a payé son projet controversé à Aguilera, mais aussi son image de maire éloignée des réalités locales. Les quartiers populaires ont critiqué son attrait pour le bord de mer, calqué sur celui de l'impératrice Eugénie de Montijo et son palais transformé en palace, ainsi que ses multiples déplacements à Paris pour des responsabilités nationales, loin des trottoirs délabrés de Biarritz. Son bilan est devenu inaudible face à la mobilisation autour de Serge Blanco.
Le nouveau maire a convaincu les Biarrots de sa volonté de « remettre l'humain au cœur des décisions politiques ». Durant la campagne, il a répété son objectif de permettre aux enfants de Biarritz de travailler et résider dans leur ville natale, même sans les moyens des cadres supérieurs qui s'offrent des résidences secondaires aux prix stratosphériques. Derrière le candidat et son programme ambitieux – incluant un pôle nautique avec piscine de 50 mètres, un festival de la gastronomie, un plan cyclable et une réforme de l'office de tourisme –, une équipe expérimentée l'épaule.
Cette pléiade de colistiers comprend des spécialistes de l'urbanisme comme l'ex-candidate de 2020 Nathalie Motsch, du social avec Maritxu Blanzaco, ancienne directrice départementale de l'agence régionale de santé, et bien sûr l'ingénieur Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, promis au poste de premier adjoint après son ralliement entre les deux tours. Serge Blanco incarne ainsi un renouveau politique centré sur les besoins des habitants, loin des clivages traditionnels et des enjeux purement balnéaires.



