Les élections municipales de 2026 à Sète : un enjeu crucial de sécurité publique
Alors que la campagne électorale bat son plein à Sète, la sécurité constitue l'un des thèmes majeurs des programmes des six candidats aux élections municipales de 2026. Chaque lundi jusqu'au 2 mars, les propositions des prétendants au fauteuil de maire sont détaillées, avec cette semaine un focus sur les mesures de sécurité, de prévention et de lutte contre la délinquance.
Laura Seguin : une approche sociale et préventive
Laura Seguin défend une vision de la police axée sur la proximité et le dialogue. "La police doit être au service des habitant(e)s", affirme-t-elle, en proposant une présence quotidienne sur le terrain et la négociation avec l'État pour le retour du commissariat de proximité sur l'Île de Thau. Son programme mise sur le renforcement du contrat intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD), avec des diagnostics précis par quartier et des ateliers participatifs.
La candidate insiste également sur la prévention et le lien social, avec le recrutement d'éducateurs de rue, la création d'équipes de médiation et la relance des maisons de quartier. La sécurisation des abords des écoles et des cheminements piétons figure parmi ses priorités, tout comme l'éclairage public moderne et l'assistance aux personnes sans-abri.
Pascal Pintre : une politique de sécurité ferme et visible
Pascal Pintre prône une approche plus ferme, en déclarant que "la ville doit sortir de l'angélisme". Il propose le déploiement d'une police municipale 24h/24 et 7j/7 grâce au recrutement de 30 agents supplémentaires en trois ans. Sa stratégie inclut une présence accrue sur le terrain, avec des patrouilles pédestres et motorisées, ainsi que le renforcement des équipements comme les sonomètres et les jumelles de vitesse.
La lutte contre le narcotrafic occupe une place centrale dans son programme, avec la création d'une brigade municipale spécialisée. Il souhaite également solliciter l'État pour un renforcement des effectifs de la police nationale et étudier la réouverture d'une annexe de la police municipale sur l'Île de Thau.
Sébastien Pacull : une réponse musclée face à la criminalité
Face à une hausse de 43% des crimes et délits et une explosion de 129% du narcotrafic à Sète, Sébastien Pacull s'engage à restaurer la paix publique. Il propose la création d'un commissariat sur l'Île de Thau et son classement en Zone de reconquête républicaine. Sa police municipale fonctionnerait 24h/24, avec une unité dédiée à la lutte contre les stupéfiants.
Innovation notable : la création d'une brigade des canaux pour des patrouilles maritimes rapides dans le cœur de ville. Il prône également une tolérance zéro pour les incivilités, avec l'interdiction des vélos et trottinettes dans les zones piétonnes, et le renforcement de la vidéoprotection dans les quartiers sensibles.
Daniel Pilaudeau : une critique radicale du système
Daniel Pilaudeau adopte une position radicalement différente, considérant que "l'insécurité est le produit direct de la misère sociale". Il rejette les discours sécuritaires qu'il qualifie de stratégie de division, et affirme que la véritable violence est celle de l'exploitation capitaliste.
Pour lui, la paix sociale ne s'obtiendra pas par la surveillance mais par des moyens massifs pour l'école, la santé et les services publics. Il appelle à une solidarité de classe sans frontières et au rejet du racisme et de la xénophobie, considérant que les véritables ennemis sont les capitalistes qui exploitent les travailleurs.
Sébastien Denaja : pragmatisme et actions concrètes
Sébastien Denaja se positionne en pragmatique, affirmant que "la naïveté a assez duré". Il propose le rétablissement d'un conseil local de sécurité propre à Sète, avec le recrutement de 10 policiers municipaux supplémentaires et 12 médiateurs de rue. La réimplantation d'un poste de police sur l'Île de Thau et l'installation de points d'appel d'urgence font partie de ses mesures phares.
Il s'engage à fermer administrativement les commerces complices du blanchiment d'argent et à renforcer les contrôles avec l'État. La sécurité routière constitue également une priorité, avec un programme de rénovation des trottoirs et de la voirie, particulièrement autour des établissements scolaires.
Hervé Marquès : continuité et innovation technologique
Hervé Marquès met en avant les investissements déjà réalisés - 9 millions d'euros entre 2020 et 2025 - et propose de poursuivre dans cette voie. Son programme prévoit l'extension des horaires de présence policière et la structuration de brigades spécialisées : pédestre, moto, narcotrafic, nautique et équestre.
Les innovations technologiques occupent une place importante, avec l'installation de bornes d'alerte connectées au centre de supervision urbain, un dispositif d'information par haut-parleurs et SMS, et un plan de mise en sûreté connecté pour toutes les écoles. Il annonce également l'ouverture d'un centre d'accueil pour victimes de violences intrafamiliales et la création d'une Maison de la prévention et du droit.
Des visions contrastées pour l'avenir sécuritaire de Sète
Les six candidats aux municipales de 2026 présentent ainsi des approches très diversifiées de la sécurité à Sète. Si certains privilégient une réponse ferme et visible face à la délinquance, d'autres misent davantage sur la prévention sociale ou remettent en cause les fondements mêmes des politiques sécuritaires. Les Sétois auront ainsi le choix entre des visions radicalement différentes pour l'avenir de leur ville, avec en toile de fond des enjeux cruciaux de tranquillité publique et de cohésion sociale.



