Le Rassemblement national confronté à de nouvelles polémiques sur les réseaux sociaux
Le parti de Marine Le Pen fait face à une nouvelle affaire mettant en lumière les propos extrémistes de certains de ses collaborateurs. La députée de la Drôme, Lisette Pollet, a annoncé avoir licencié un de ses assistants parlementaires en raison de publications sur les réseaux sociaux jugées incompatibles avec ses valeurs.
Un licenciement justifié par des contenus inacceptables
Dans un communiqué publié sur X dans la nuit de mardi à mercredi, l'élue du Rassemblement national a expliqué sa décision. « Cette séparation fait suite à la publication, sur ses réseaux sociaux personnels, de plusieurs messages dont le contenu est en contradiction avec les valeurs, les principes et la ligne de conduite que je défends », a-t-elle écrit. Elle a ajouté : « Je condamne fermement ces prises de position », précisant que ces tweets n'engageaient que leur auteur.
Le député RN Jean-Philippe Tanguy a apporté des précisions sur RTL mercredi, qualifiant ces publications de « contenus impardonnables » postés sur « des comptes sous pseudonymes ». Bien que le contenu exact ne soit pas immédiatement clair, l'affaire prend une dimension plus grave avec les révélations de Mediapart.
Des liens troublants avec l'ultradroite
L'assistant parlementaire licencié, identifié comme Vincent Claudin, aurait appartenu au groupuscule d'ultradroite Lyon Populaire, qui a fait l'objet d'une procédure de dissolution. Selon l'enquête de Mediapart, qui a analysé plus de 4 400 posts publiés sur X entre décembre 2021 et février 2026, Vincent Claudin affichait « son admiration pour le Troisième Reich » et exprimait « son espoir de l'avènement d'un régime fasciste et eugéniste en France ».
Les publications exhumées par le média d'investigation révèlent également des propos haineux envers les juifs, les personnes racisées et les homosexuels. Plus récemment, Vincent Claudin a participé à la marche organisée pour Quentin Deranque à Lyon le week-end dernier, où des saluts nazis et des insultes racistes et homophobes auraient été observés.
Le RN tente de se distancier
Jean-Philippe Tanguy et Lisette Pollet ont tous deux affirmé que la participation de l'assistant à cette marche n'avait aucun lien avec son licenciement. « Quentin, visiblement, était l'un de ses amis », a déclaré Tanguy, estimant « normal » qu'il ait voulu « lui rendre hommage ». Le député a assuré qu'il n'existait « aucune connexion » entre le RN et les groupes d'ultradroite.
Un deuxième cas embarrassant pour le parti
L'affaire ne s'arrête pas là. Jean-Philippe Tanguy a également été interrogé mercredi sur le cas de Fernand Beauvillain, candidat RN à Pugnac, près de Bordeaux. Selon le site Les Jours, ce dernier a publié entre 2022 et 2025 des messages racistes sur les réseaux sociaux, se plaignant notamment du « remplacement des Français » dans l'équipe nationale de football.
Jean-Philippe Tanguy a déclaré ne pas être au courant de ces publications, mais a indiqué que ce « contenu » allait être examiné. Fernand Beauvillain, également soutenu par l'UDR, a reconnu auprès des Jours quelques publications « maladroites ou mal interprétées », tout en assurant que d'autres relevaient de « l'humour, parfois grinçant ».
Ces révélations successives mettent en lumière les difficultés du Rassemblement national à contrôler les propos de certains de ses membres et collaborateurs sur les réseaux sociaux, alors que le parti cherche à normaliser son image dans le paysage politique français.



