Un recours déposé à la dernière minute pour contester les résultats des municipales à Saint-Macaire
À Saint-Macaire, les débats électoraux ne sont pas apaisés malgré un écart de seulement douze voix lors des élections municipales. Vendredi 20 mars, à 18 heures, soit à neuf minutes de la date limite légale, un recours a été formellement déposé auprès du tribunal administratif pour contester la validité des résultats du scrutin du 15 mars.
Une victoire étroite et immédiatement contestée
Lors du second tour, la liste menée par Dominique Scaravetti, premier adjoint du maire sortant Cédric Gerbeau, l'a emporté avec 50,68% des suffrages, soit 445 voix. Elle devançait ainsi de justesse la liste d'Isabelle Buin-Bourjalliat, qui a obtenu 49,32% des voix, correspondant à 433 bulletins. Cette différence minime n'a pas suffi à calmer les tensions, poussant un candidat de la liste minoritaire à engager une action en justice.
Stéphane Lhomme, à l'origine du recours, agit « sans laisser le choix »
Stéphane Lhomme, qui figurait en 20e position sur la liste d'Isabelle Buin-Bourjalliat, est l'initiateur de cette procédure. Il affirme avoir agi de sa propre initiative, sans consulter les têtes de liste. « Je n'ai pas laissé le choix aux têtes de liste, je l'ai fait pour défendre l'honneur de mes colistières et colistiers », explique-t-il, soulignant sa volonté de protéger la réputation de ses coéquipiers.
Dans une lettre de quatre pages qu'il prévoit d'adresser aux habitants de Saint-Macaire, il détaille les motivations de son geste. Il estime notamment que l'équipe gagnante a « bafoué la loi durant toute la campagne ». Parmi les griefs avancés, il pointe un éditorial du maire sortant Cédric Gerbeau, paru dans le journal communal de janvier, qui interpellait directement les « électeurs et électrices de Saint-Macaire ». Il critique également des inaugurations organisées à seulement deux semaines du scrutin, ce qui pourrait constituer, selon lui, une pratique illégale.
Une ambiance délétère et des conflits larvés
Stéphane Lhomme, militant habitué des procédures judiciaires, met surtout en avant « l'instauration d'une ambiance délétère dans la commune contre l'opposition ». Il dénonce une atmosphère de tension et d'hostilité qui aurait marqué la campagne électorale, contribuant selon lui à fausser le jeu démocratique.
De son côté, le maire fraîchement élu, Dominique Scaravetti, rejette ces accusations. Il qualifie les remarques contenues dans la lettre de Stéphane Lhomme de « mensongères », tout en attendant de prendre connaissance du recours officiel. Il estime que cette démarche « ne peut être décorrélée » de la nouvelle opposition municipale, notant que les dénonciations formulées sont « de la même teneur » que les interventions d'Isabelle Buin-Bourjalliat lors du conseil municipal d'installation, tenu le même vendredi 20 mars.
Décontenancé par cette contestation, Dominique Scaravetti poursuit : « Je ne me sens pas avoir fait de faute, avoir été calomnieux ou avoir fait des choses hors la loi. J'ai l'impression d'un déferlement de haine et de violence disproportionné. » Il exprime ainsi son incompréhension face à la virulence des critiques, insistant sur sa bonne foi et son respect des règles électorales.
Une décision attendue du juge administratif
Le juge administratif sera chargé de trancher cette affaire sur le fond, en examinant la légalité des actions reprochées lors de la campagne. Stéphane Lhomme, bien qu'à l'origine du recours, « ne nourrit pas trop d'espoirs concernant cette procédure », reconnaissant la difficulté à faire invalider des résultats électoraux.
Quelle que soit l'issue de cette procédure judiciaire, la campagne des municipales à Saint-Macaire aura mis en lumière des conflits larvés au sein de la commune. La mince victoire de la liste Scaravetti n'a pas apaisé ces tensions, révélant des divisions profondes que le résultat des urnes n'a pas su résoudre. Cette situation illustre les défis de la vie démocratique locale, où les querelles politiques peuvent persister bien au-delà du jour du scrutin.



