Rapport parlementaire : les aides carburants sans impact, selon Philippe Brun
Rapport : aides carburants sans impact, selon Philippe Brun

Le député socialiste Philippe Brun a qualifié d’anecdotiques les aides gouvernementales sur les carburants, dans un rapport parlementaire publié ce mercredi 15 juillet 2026. Alors que le gazole repasse la barre des 2 euros, l’élu de l’Eure préconise une fiscalité « flottante » sur le modèle espagnol, une piste rejetée par l’exécutif.

« On a arrosé du sable »

C’est par ces mots que le député PS de l’Eure Philippe Brun résume la gestion de la crise des carburants par le gouvernement. Au micro de RMC, le candidat à la primaire socialiste pour la prochaine élection présidentielle a livré les conclusions de la mission flash commandée le 3 juin par la commission des Finances de l’Assemblée nationale et rendues publiques ce mercredi 15 juillet 2026.

Des aides « trop ciblées pour avoir un impact »

Selon ce rapport parlementaire, les aides aux ménages sur les carburants proposées par le gouvernement n’ont pas fonctionné et ont été « sous utilisées ». À commencer par l’aide gros rouleurs de 100 euros, dont le montant est qualifié de « très insuffisant pour les ménages ruraux, en particulier pour les plus modestes ». En outre, il juge les critères d’attribution « trop ciblés pour avoir un impact significatif » économiquement. Cette aide, introduite au printemps et renouvelée en raison de la guerre au Moyen-Orient, est réservée aux ménages en dessous d’un certain seuil de revenus et qui utilisent leur voiture pour aller travailler. Ce versement ciblé, tout comme les aides sectorielles dont ont bénéficié les transporteurs routiers ou les pêcheurs, n’ont pas eu les effets promis, estime le député. « On a arrosé du sable en vérité, on n’a pas aidé les gens à défendre leur pouvoir d’achat », tacle-t-il. « L’essence a explosé à partir du 28 février, les gens ont commencé à toucher les aides en juin ».

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Vers une fiscalité « flottante » ?

« Le dispositif d’urgence mis en œuvre par le gouvernement français apparaît au regard » des importantes mesures déployées en Espagne, dont il chiffre le coût à 6,8 milliards d’euros, « comme particulièrement anecdotique », estime Philippe Brun dans son rapport. Alors que les carburants repartent à la hausse avec le regain de tensions internationales, le député plaide pour la mise en place d’une fiscalité « flottante » sur les carburants. Ce système implique une baisse automatique des taxes lorsque le prix du carburant monte, et inversement. Le député affirme que le cas espagnol « démontre […] que le caractère flottant de ces taxes peut être mis en œuvre de manière effective ». Une comparaison rejetée par la ministre déléguée à l’Énergie et porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon. Pour cette dernière, « si l’Espagne aujourd’hui a un déficit » tel que le pays « est en capacité de faire ces aides, c’est parce qu’elle a su faire des réformes », notamment « des retraites ».

La barre des 2 euros de nouveau franchie

Interrogée sur les conclusions de ce rapport, la ministre a assumé les modalités d’aides aux ménages sur les carburants, reconnaissant toutefois sur BFMTV que seulement 1,1 million de personnes, soit environ « un peu moins de 40 % de ceux qui étaient éligibles », ont touché l’aide aux gros rouleurs. L’aide aux gros rouleurs a été prolongée par le gouvernement jusqu’en juillet. « Au bout de cette échéance, on fera évidemment un point » et « un bilan », a avancé Maud Bregeon, d’autant que cela « fait deux ou trois jours que les tensions reviennent au Moyen-Orient », ce qui pèse sur les prix du pétrole brut. Après avoir passé un mois sous cette barre symbolique et alors que de nombreux Français prennent la route des vacances, le gazole a ainsi de nouveau passé la barre des deux euros ce mercredi 15 juillet.

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