Perquisition à l'Élysée dans l'enquête sur les panthéonisations
Perquisition à l'Élysée pour favoritisme

Une perquisition a été menée jeudi 21 mai 2026 au palais de l'Élysée dans le cadre de l'enquête sur l'attribution des cérémonies d'entrée au Panthéon, une première depuis l'affaire Benalla en 2018. Le Parquet national financier (PNF) a confirmé l'information au journal Le Monde, précisant que des opérations ont eu lieu dans des locaux de l'Élysée, dans le cadre de l'information judiciaire visant notamment les conditions d'attribution de certains marchés publics relatifs à l'organisation de cérémonies de panthéonisation par le Centre des monuments nationaux (CMN).

Une première tentative infructueuse

Le 14 avril dernier, les enquêteurs et les juges d'instruction, accompagnés de magistrats du PNF, n'avaient pas été autorisés à accéder au palais présidentiel. Ils s'étaient vu opposer une analyse selon laquelle l'article 67 de la Constitution emporterait l'inviolabilité des locaux rattachés à la présidence de la République, a expliqué le procureur de la République financier, Pascal Prache. Selon cet article, le président de la République n'est pas responsable des actes accomplis en cette qualité et ne peut être requis de témoigner ni faire l'objet d'une action ou d'une poursuite durant son mandat.

Le 14 avril, il avait été indiqué aux enquêteurs que les documents des agents de l'Élysée, détachables de l'activité du chef de l'État, leur seraient transmis sur demande. Les opérations de perquisition du 21 mai ont été précédées d'échanges institutionnels afin d'en permettre le déroulement, selon le PNF. L'Élysée a précisé que, s'agissant d'une procédure qui ne vise pas le président de la République et considérant que les garanties étaient réunies pour respecter l'article 67 de la Constitution et le secret de la défense nationale, la présidence a permis aux magistrats de procéder aux actes qu'ils sollicitaient.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Shortcut Events au cœur des investigations

Au cœur de l'enquête, ouverte en octobre 2025 pour favoritisme, prise illégale d'intérêt, corruption et trafic d'influence, se trouve la société Shortcut Events. Selon Le Canard Enchaîné, les enquêteurs s'interrogent sur le choix de cette entreprise pour organiser les cérémonies d'entrée au Panthéon pendant 22 ans, jusqu'à l'hommage à Missak Manouchian en 2024. Chaque panthéonisation a été facturée à l'État autour de 2 millions d'euros, selon l'hebdomadaire satirique.

Shortcut Events est également derrière l'organisation de plusieurs événements, comme le 80e anniversaire du Débarquement à Omaha Beach en juin 2024. Le Monde a rapporté que la société a pleinement profité de la multiplication des hommages nationaux sous la présidence d'Emmanuel Macron en remportant systématiquement les appels d'offres.

Le CMN a attribué en 2025 la cérémonie d'entrée de Robert Badinter au Panthéon, d'une valeur de 2,4 millions d'euros selon Le Monde, à une autre agence, Auditoire, mettant ainsi fin à la série de marchés remportés par Shortcut Events.

Le procureur financier avait fait état le 14 avril d'opérations de perquisition visant divers lieux, dont des services de la présidence de la République et des domiciles. Les investigations sont confiées à la Brigade financière et anticorruption de la police judiciaire parisienne. En amont de l'information judiciaire, le PNF avait diligenté une enquête préliminaire en décembre 2023.

La dernière perquisition à l'Élysée remontait au 25 juillet 2018, dans l'affaire Benalla, sous le premier mandat d'Emmanuel Macron. Alexandre Benalla, un collaborateur du chef de l'État, avait alors été mis en examen pour des violences commises lors d'une manifestation le 1er mai et a depuis été condamné à un an de prison ferme.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale