Marseille : Payan dépose sa liste municipale avec Rubirola et Kessaci, malgré les tensions
Payan dépose sa liste municipale à Marseille avec Rubirola et Kessaci

Marseille : la liste de Benoît Payan officialisée dans un climat politique tendu

À Marseille, le maire sortant Benoît Payan a officiellement déposé, ce mercredi, sa liste pour les prochaines élections municipales. Cette annonce confirme la présence de plusieurs personnalités marquantes, dont son ancienne prédécesseure Michèle Rubirola et le militant anti-narcotrafic Amine Kessaci. Cette démarche intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, alors que sa coalition du Printemps Marseillais doit faire face à des tensions internes significatives et à une concurrence électorale extrêmement serrée.

Amine Kessaci, un symbole de renouvellement marqué par le drame

Positionné en troisième place sur la liste, Amine Kessaci est présenté comme l’un des symboles principaux du « renouvellement » défendu avec force par l’équipe du maire sortant. Membre actif des Ecologistes et proche collaborateur de Benoît Payan, il s’est engagé de manière résolue contre les trafics de drogue, un combat profondément marqué par un drame personnel tragique. En novembre 2025, son frère Mehdi a été victime d’un probable assassinat « d’intimidation », directement lié à son militantisme acharné. La famille avait déjà perdu un autre frère, Brahim, en 2020, dont le corps avait été retrouvé carbonisé et qui était impliqué dans le trafic, ajoutant une dimension douloureuse à son engagement.

Un renouvellement affiché pour la majorité sortante

La liste du Printemps Marseillais rassemble pas moins de 14 formations politiques distinctes ainsi que des représentants variés de la société civile. Selon un communiqué officiel, 35 des 64 premiers candidats « ne siégeaient pas au Conseil municipal lors du mandat précédent », une proportion mise en avant de manière stratégique pour illustrer le « renouvellement » voulu et revendiqué par la majorité municipale actuelle. Parmi les nouvelles figures citées figurent notamment Katia Yakoubi et la militante antiraciste Hanifa Taguelmint, toutes deux passées par La France Insoumise, ce qui montre une volonté d’élargir l’assise politique.

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Michèle Rubirola, une présence continue et symbolique

Michèle Rubirola, élue maire en 2020 avant de démissionner pour raisons de santé après seulement six mois de mandat, occupe la deuxième position sur la liste, une place de choix. Médecin de formation, elle est restée première adjointe pendant tout le mandat, notamment en charge des dossiers sensibles de la santé. Sa présence aux côtés de Benoît Payan s’inscrit dans la continuité affirmée du Printemps Marseillais, la coalition qui réunit socialistes, communistes, écologistes et diverses personnalités indépendantes, cherchant à maintenir une unité affichée.

De nombreux désaccords fragilisent la majorité en interne

Cette officialisation intervient alors que la majorité municipale est sérieusement fragilisée par des désaccords internes persistants. L’adjointe écologiste Christine Juste a confirmé avoir été écartée de la liste, dénonçant avec véhémence des « méthodes de voyou » de la part de l’équipe dirigeante. De son côté, le Parti radical de gauche a quitté la coalition, craignant un rapprochement trop marqué avec la liste portée par Sébastien Delogu pour La France Insoumise, ce que des responsables assurent en affirmant catégoriquement qu’« il ne se trame rien avec LFI », tentant d’apaiser les craintes.

Un contexte électoral incertain et compétitif

Sur le plan électoral pur, Benoît Payan apparaît dans une position particulièrement incertaine. Un sondage récent publié mardi le place au coude-à-coude avec Franck Allisio, député et candidat du Rassemblement national, ce qui accentue la pression. Dans ce contexte tendu, la composition de sa liste, mêlant habilement élus expérimentés et nouveaux profils prometteurs, constitue un enjeu central et stratégique à l’approche du scrutin municipal dans la deuxième ville de France. Les électeurs marseillais devront se prononcer les 15 et 22 mars 2026, dans une bataille qui s’annonce serrée et décisive pour l’avenir de la cité phocéenne.

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