Paris : Emmanuel Grégoire domine le premier tour, l'avenir politique de la capitale en suspens
Les résultats du premier tour des élections municipales à Paris confirment les tendances des sondages, mais avec une ampleur inédite. Le député socialiste Emmanuel Grégoire, ancien premier adjoint d'Anne Hidalgo, s'impose largement en tête avec 36,5% des voix. Cette performance crée une dynamique forte pour la gauche unie, tandis que le camp adverse se disperse.
Un scrutin serré pour les qualifications
Dimanche soir, l'incertitude planait sur le nombre exact de candidats qualifiés pour le second tour. Quatre ou cinq noms pouvaient prétendre à cette place, rendant les projections complexes jusqu'aux dernières estimations. Rachida Dati, l'ancienne ministre de la Culture soutenue par LR et le Modem, arrive en seconde position avec 25% des suffrages. Elle est suivie par la candidate insoumise Sophia Chikirou à 13% et par Pierre-Yves Bournazel pour le centre droit à 11,5%.
Le sort de Sarah Knafo, candidate de Reconquête, restait indécis en fin de soirée. Créditée d'environ 10% des voix, elle flirtait avec la barre fatidique de qualification, ajoutant une tension supplémentaire à ce scrutin déjà très disputé.
Rachida Dati appelle à un rassemblement large
Dans son QG du 12e arrondissement, Rachida Dati a pris la parole vers 21h45 devant une assistance réduite mais médiatique. Son discours, teinté de combativité mais marqué par un visage tendu, a été accueilli par des applaudissements timides. L'écart considérable avec Emmanuel Grégoire pesait visiblement sur l'ambiance.
« Il y a un profond besoin de changement à Paris », a déclaré l'ancienne ministre, avant de mentionner ses concurrents de droite. « J'appelle toutes celles et ceux qui ne veulent pas que Paris s'enfonce dans la fuite en avant idéologique à se rassembler le plus largement possible », a-t-elle insisté, visant explicitement Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo.
La stratégie de la gauche unie
De son côté, Emmanuel Grégoire a réuni ses soutiens près de la place de Stalingrad. Peu connu nationalement mais très implanté localement, le député de 48 ans bénéficie pour la première fois d'une liste commune socialistes-écologistes dès le premier tour. Avec 36,5% des voix, il dépasse toutes les attentes et prend une avance confortable.
« La droite et l'extrême droite seront prêtes à tout, et d'abord à s'allier », a prévenu le candidat socialiste. « J'appelle tous les électeurs du camp républicain, du camp du progrès à soutenir la liste que nous portons ». Le maintien de Sophia Chikirou, qui critique violemment la gestion d'Anne Hidalgo, pourrait cependant compliquer l'équation pour le second tour.
Les incertitudes de l'entre-deux-tours
La grande question qui se pose maintenant concerne les alliances et ralliements. Pierre-Yves Bournazel, souvent critique envers Rachida Dati, pourrait être poussé par son mentor Edouard Philippe à soutenir l'ancienne ministre. L'objectif : éviter des divisions à droite à un an de l'élection présidentielle de 2027.
Les bureaux de vote ayant fermé à 20 heures, les premières estimations n'ont commencé à circuler qu'après 21 heures, créant un suspense prolongé. Les affiches de Rachida Dati, ornées du simple verbe « changer », résumaient l'enjeu de ce scrutin pour l'opposition, tandis que la gauche mise sur la continuité d'un projet municipal rénové.
Le second tour s'annonce donc particulièrement stratégique, avec des recompositions politiques qui pourraient redéfinir durablement le paysage municipal parisien. La capacité des différents camps à fédérer au-delà de leurs bases électorales initiales sera déterminante pour l'issue finale.



