Le RN à Nîmes : un score de 37,52% qui divise l'analyse
Dimanche, Julien Sanchez qualifiait son résultat aux élections municipales de Nîmes d'"historique", évoquant même un "record". Avec 37,52% des suffrages, sa liste du Rassemblement national termine en deuxième position, marquant une augmentation spectaculaire par rapport aux précédentes municipales mais affichant un certain recul comparé aux derniers scrutins nationaux.
Une progression municipale incontestable
La comparaison avec les dernières élections municipales révèle une avancée significative pour l'extrême droite nîmoise. En 2014, Yoann Gillet, aujourd'hui député, avait rassemblé 24,42% au second tour. En 2020, dans le contexte particulier de la crise sanitaire, le même candidat n'avait obtenu que 12,92%. Cette fois, avec plus de 20 145 électeurs, Julien Sanchez dépasse largement ces scores historiques.
Cette dynamique s'accompagne de succès dans d'autres communes du Gard comme Beaucaire, Bagnols et Vauvert. "La dynamique est réelle et nous progressons de manière inédite entre le premier et le deuxième tour", analyse Yoann Gillet, directeur de la campagne.
Des performances territoriales remarquables
Le dimanche du scrutin, Julien Sanchez a même dépassé les 40% des voix dans plusieurs bureaux de vote, avec des scores particulièrement élevés :
- 56,13% dans l'un des bureaux de René-Char (Costières)
- Plus de 50% dans deux bureaux d'André-Chamson (Mas de Ville)
- Majorité absolue frôlée dans un bureau de Courbessac
- Têtes dans des bureaux du centre-ville comme Jean-Jaurès ou Charles-Martel (Montcalm)
Ces performances s'observent notamment dans les zones résidentielles des garrigues et les quartiers pavillonnaires au sud de la ville, mais aussi dans certains secteurs plus centraux.
Le plafond de verre nîmois
Malgré ces avancées, un questionnement persiste : un plafond de verre empêche-t-il le Rassemblement national d'accéder aux responsabilités à Nîmes ? Yoann Gillet rejette cette idée, pointant du doigt "la bêtise de la droite nîmoise" qui a refusé "la main tendue" et porte, selon lui, "une lourde responsabilité [...] alors que 60% des électeurs nîmois sont opposés à la gauche".
Comparaison avec les scrutins nationaux : une nuance nécessaire
Si la progression par rapport aux municipales précédentes est manifeste, la comparaison avec d'autres scrutins nationaux apporte une nuance importante. En effet, le Rassemblement national avait réalisé de meilleurs scores à Nîmes lors d'élections récentes :
- À la présidentielle de 2022, Marine Le Pen avait recueilli 21 713 voix (39,95%), soit environ 1 500 voix de plus que Julien Sanchez.
- Aux législatives de 2024, Yoann Gillet avait obtenu 43,64% sur les cantons nîmois de la première circonscription.
- Dans la sixième circonscription, Sylvie Josserand avait récolté 44,30% dans les bureaux nîmois.
Au total, les deux candidats RN aux législatives 2024 avaient obtenu à Nîmes 22 803 voix, soit plus de 2 000 voix supplémentaires par rapport au score de Julien Sanchez ce dimanche.
Un vote utile contre la gauche ?
Avec plus de 20 000 voix au deuxième tour, le Rassemblement national s'est imposé chez de nombreux électeurs comme le vote utile des partisans d'une union des droites souhaitant contrer l'élection de Vincent Bouget. La liste de Julien Sanchez devance ainsi largement celle de Franck Proust et Julien Plantier.
Ce résultat place le RN dans une position paradoxale : historiquement fort à Nîmes par rapport aux précédentes municipales, mais légèrement en retrait par rapport à ses performances nationales récentes. La question de savoir s'il s'agit d'un véritable "record historique" ou d'un relatif échec face aux attentes créées par les succès nationaux du parti reste ouverte à l'analyse.



