Nice : la bataille judiciaire sur l'inéligibilité de Pierre Ippolito, adjoint d'Éric Ciotti, s'intensifie
La nomination de Pierre Ippolito comme quatrième adjoint du nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, continue de susciter des remous juridiques importants. L'entrepreneur azuréen, qui a hérité d'un portefeuille conséquent incluant les entreprises, le commerce, le développement économique et l'enseignement supérieur, fait face à des recours visant son éventuelle inéligibilité.
Des recours déposés par la préfecture et un ancien adjoint
La préfecture des Alpes-Maritimes a annoncé son intention de déposer un recours contre Pierre Ippolito, poursuivant ainsi sa logique juridique initiée avant les élections municipales. Elle n'est pas seule dans cette démarche : Marc Concas, ancien adjoint de Christian Estrosi qui a quitté l'hémicycle municipal après la défaite de ce dernier, a également saisi le juge des élections.
Marc Concas a confirmé avoir agi « à titre personnel » le jour même où Éric Ciotti a été désigné maire et Pierre Ippolito adjoint. Comme le préfet Laurent Hottiaux, l'ancien délégué aux Finances et à la Probité estime que l'entrepreneur tombe sous le coup de l'article L. 231-6 du Code électoral.
Le cœur du litige : l'article L. 231-6 du Code électoral
Cette disposition législative interdit à un dirigeant d'entreprise, ayant contracté avec une collectivité locale dans les six mois précédant le scrutin, d'occuper des fonctions électives. La question centrale est de savoir si Pierre Ippolito peut être considéré comme un « entrepreneur de service municipal » au sens de la loi.
Pour les services de l'État, il a été recensé « au moins 14 marchés » passés par la collectivité avec ses sociétés, ce qui rendrait son inéligibilité probable. Cependant, lors d'une première audience le 18 mars, le tribunal administratif avait estimé qu'il n'appartenait pas au préfet de contrôler la légalité des candidatures avant les opérations de vote, permettant ainsi à Pierre Ippolito de figurer sur les bulletins.
La réaction sereine de Pierre Ippolito
Le nouvel adjoint d'Éric Ciotti se dit « très serein » face à ces développements judiciaires. « Je reste très serein comme je l'étais déjà lors du premier jugement », indique-t-il, précisant qu'il n'a pas été informé pour l'heure de cette nouvelle salve judiciaire.
Pierre Ippolito ajoute : « Si un recours a bien été déposé, nous le traiterons comme nous avons traité le premier, en apportant au juge tous les éléments qui lui permettront de lever ce dernier doute. Afin que l'on puisse, tous, enfin passer à autre chose. »
Un calendrier judiciaire encore incertain
La résolution de cette affaire ne sera pas immédiate. Le juge des élections ne pourra se prononcer sur l'éventuelle inéligibilité de Pierre Ippolito qu'après que la commission des comptes de campagnes aura approuvé les dépenses engagées par Éric Ciotti dans sa course victorieuse à la mairie de Nice.
Cette bataille judiciaire prolongée illustre les tensions persistantes dans le paysage politique niçois, où la transition entre l'ancienne et la nouvelle majorité s'accompagne de défis légaux complexes. L'issue de ces recours pourrait avoir des implications significatives pour la composition du « gouvernement » municipal d'Éric Ciotti et pour l'avenir politique de Pierre Ippolito.



