Renaud Muselier vise le Sénat pour unir la droite avant la présidentielle
Muselier candidat au Sénat, quitte la région Paca

Renaud Muselier annonce sa candidature au Sénat et son départ de la région Paca

Renaud Muselier a officialisé mercredi sa décision de se présenter aux élections sénatoriales des Bouches-du-Rhône en septembre prochain. Cette démarche marque un tournant majeur dans sa carrière politique, puisqu'il a annoncé qu'il quitterait, en cas de victoire, la présidence de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur qu'il occupe depuis mai 2017. L'élu, âgé de 66 ans, souhaite ainsi se consacrer pleinement à la politique nationale à un an de l'élection présidentielle, avec l'ambition de porter à Paris le combat pour une candidature unique de la droite et du centre.

Un laboratoire de l'innovation politique

Dans une lettre adressée à ses soutiens, Renaud Muselier, ancien membre des Républicains rallié au camp macroniste en 2022, a exprimé sa fierté du travail accompli. « J'ai servi notre pays en servant notre région. Désormais, je souhaite servir notre région en servant notre pays », a-t-il écrit, ajoutant : « Je quitterai mes fonctions avec le sentiment du devoir accompli, et la certitude que nous avons été un laboratoire de l'innovation politique ». Il rejette l'idée que son départ soit motivé par la perspective d'élections régionales difficiles en 2028, affirmant : « On m'a toujours prédit les défaites. J'ai toujours ramené les victoires ».

Le plafond de verre contre le RN et les enjeux locaux

Renaud Muselier a analysé les résultats électoraux récents en Paca, qualifiant l'issue des municipales de « plutôt positive ». Il a souligné que sur les 93 communes de la région comptant plus de 10 000 habitants, 69 % sont détenues par le bloc central ou des élus divers droite. Pour l'ancien adjoint au maire de Marseille (1995-2008), « le plafond de verre contre le RN existe toujours », citant l'exemple de Toulon où Laure Lavalette a échoué face à Josée Massi. Cependant, il reconnaît une « contre-performance » à Marseille, où la droite a été largement balayée au profit du Rassemblement National.

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Les ambitions sénatoriales et la succession régionale

Au Sénat, Renaud Muselier briguera le siège de la centriste Brigitte Devésa, élue après le décès de Patrick Boré, un proche de l'élu. Concernant son groupe politique au Sénat, il reste évasif : « Ce sera pour plus tard. Je vais d'abord porter ma bannière, qui est la bannière du rassemblement et des territoires », a-t-il déclaré au Figaro. Pour lui succéder à la tête de la région Paca, le profil de François de Canson, maire divers droite de La Londe-les-Maures (Var) et vice-président de la région en charge de l'Économie, est avancé.

Les Jeux olympiques d'hiver 2030 et les tensions avec Éric Ciotti

En cas de victoire aux sénatoriales, Renaud Muselier compte rester conseiller régional pour suivre de près le dossier des Jeux olympiques d'hiver de 2030, qu'il qualifie de « fondamental ». Après un différend avec le nouveau maire de Nice Éric Ciotti, opposé à certains projets du comité d'organisation, Muselier maintient sa volonté de conserver le « plan A », avec la moitié des épreuves dans les Alpes du Nord et l'autre dans les Alpes du Sud, et la cérémonie de clôture à Nice. Il assure : « Éric Ciotti veut garder les Jeux. Je pense qu'on va aboutir, gagnant-gagnant pour la région Sud, Nice compris, et le CIO ».

Cette candidature s'inscrit dans un contexte politique tendu, où Renaud Muselier met en garde contre la multiplication des candidats, qui « risque d'offrir un laissez-passer funeste à la victoire des extrémistes ». Son engagement pour une union de la droite et du centre pourrait ainsi influencer les dynamiques à l'approche de la présidentielle.

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