Saintes : les candidats aux municipales dévoilent leurs projets pour les équipements culturels
Municipales à Saintes : les projets culturels des candidats

Municipales à Saintes : les projets culturels des cinq candidats dévoilés

Dans le cadre de la série « Le Choix des abonnés », le journal « Sud Ouest » a interrogé les cinq candidats déclarés aux élections municipales de Saintes. Ce premier volet se concentre sur leurs propositions en matière d'équipements culturels. Les réponses des têtes de liste et de leurs équipes sont publiées par ordre alphabétique, offrant un panorama complet des visions politiques pour l'avenir culturel de la ville.

Rémy Catrou (gauche/LFI) : une politique culturelle ambitieuse et accessible

Rémy Catrou, tête de liste de « Saintes solidaire et citoyenne », défend une politique culturelle ambitieuse pour tous. Plutôt que de construire de nouveaux équipements, il privilégie la réhabilitation du théâtre Geoffroy-Martel et de l'espace Mendès-France. « Cela permettrait de disposer d'une vraie salle de spectacle et de lieux plus intimistes pour des concerts accessibles », explique-t-il. Il souhaite également ouvrir le festival de musique classique grâce à une politique tarifaire inclusive et des formats adaptés. « Saintes est une ville d'art et de culture ; d'autres événements, d'autres festivals naîtront des projets associatifs. Notre équipe les soutiendra », affirme-t-il, s'engageant pour une culture accessible à tous.

Laurent Daviet (divers droite) : un palais des congrès polyvalent

Laurent Daviet, candidat de la liste « Saintes au quotidien », estime que la ville a besoin d'un véritable équipement polyvalent. Il reconnaît que le Gallia, le hall Mendès-France et le théâtre Geoffroy-Martel existent, mais souligne qu'ils ne répondent plus aux attentes. Il propose une réhabilitation urgente du théâtre et un nouveau mode de gestion pour le Gallia. Son projet majeur concerne le hall Mendès-France : « Nous proposons sa restructuration complète en un palais des congrès polyvalent de plus de 1 500 places, accueillant manifestations culturelles, sportives et professionnelles. » Il insiste sur la nécessité d'une réflexion intercommunale et d'un financement innovant, via une Délégation de service public ou un partenariat public-privé, car « la Ville, seule, ne peut porter cet investissement ».

Bruno Drapron (centre/divers droite) : rénovation et financement public

Bruno Drapron, tête de liste « L'important, c'est vous », met l'accent sur la rénovation de Mendès-France. Il propose que la Ville porte la partie salle de spectacle, avec une salle modulable pouvant accueillir jusqu'à 2 000 personnes, tandis que l'Agglomération gérerait le volet parc des expos. « L'étude est budgétée dès 2026 », précise-t-il. Il s'oppose à un partenariat public-privé, craignant des tarifs inabordables pour les associations. En parallèle, il présente un plan pour transformer le terrain blanc en parking vert et promet une rénovation du théâtre Geoffroy-Martel pour 700 000 euros, en collaboration avec l'APMAC.

Jean-Philippe Machon (divers droite) : une salle polyvalente pour l'attractivité

Jean-Philippe Machon, candidat de « J'aime Saintes », propose d'investir dans une salle polyvalente et modulable. Il déplore que Saintes soit handicapée par le manque d'une grande salle adaptée aux congrès, événements sportifs et concerts. « Le hall Mendès-France, trop vieux, est inadapté à ces besoins », estime-t-il. Il souligne que l'attractivité et l'économie de la ville souffrent de cette absence, comparée à des villes comme Jonzac ou Royan. Il envisage plusieurs options, y compris la rénovation du hall, à étudier en concertation avec les associations et en fonction des co-financements possibles.

Ludovic Norigeon (union de la gauche) : un projet de territoire intercommunal

Ludovic Norigeon, tête de liste « Saintes Demain », considère qu'une salle de spectacle est un projet de territoire qui doit être étudié. Il insiste sur la nécessité de penser cet équipement au service d'un projet culturel et de le mener à l'échelle intercommunale. « Les publics, usages, déplacements, financements dépassent largement les seules limites communales », argumente-t-il. Il prône une coordination intercommunale pour une approche financière et stratégique optimale, avec l'objectif de construire, avec les habitants et le tissu associatif, une ambition culturelle réaliste comme moteur de développement.

Ces propositions illustrent les divergences et convergences entre les candidats, mettant en lumière l'importance des équipements culturels dans le débat municipal à Saintes. Les électeurs devront trancher entre réhabilitations ciblées, projets ambitieux de rénovation ou visions intercommunales, avec en ligne de mire l'accessibilité culturelle et l'attractivité du territoire.