Montpellier : les candidats aux municipales divisés sur l'avenir du GSRI après une intervention musclée
Municipales à Montpellier : polémique sur l'avenir du GSRI

Une vidéo polémique relance le débat sur le GSRI à Montpellier

La diffusion d'une vidéo montrant une intervention musclée du groupement de sûreté résidentielle interbailleur (GSRI) le 27 février dernier dans un quartier populaire de Montpellier a provoqué une vive polémique. Cette séquence, qui circule activement sur les réseaux sociaux, montre des agents du GSRI procédant à une interpellation jugée brutale au pied d'une résidence, relançant le débat sur le rôle et les méthodes de cette brigade privée.

Les partisans de la dissolution : "une milice privée"

Jean-Louis Roumégas, tête de liste du Printemps montpelliérain, se montre catégorique : "Je demande la dissolution de ce que je considère comme une milice privée qui use de méthodes violentes et agit comme si elle était une force de police." Pour lui, le GSRI dépasse clairement ses prérogatives et adopte des comportements inacceptables.

Nathalie Oziol, candidate de La France insoumise, abonde dans le même sens : "Je ne comprends pas les missions attribuées à cette brigade. La vidéo qui a circulé montre une interpellation brutale. En quoi cette intervention assure la tranquillité des résidents ? Si c'est une question de sécurité, cela relève de la mission régalienne de l'État." La députée s'interroge sur le cadre légal de cette intervention et propose plutôt la mise en place de médiateurs dans les résidences gérées par les bailleurs sociaux.

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Les défenseurs du GSRI : "Il faut dissoudre les dealeurs, pas le GSRI"

Face à ces critiques, la candidate RN France Jamet prend fermement la défense du GSRI : "La gauche défend les dealeurs, moi je suis du côté des habitants qui n'en peuvent plus. On parle dans cette vidéo de trafiquants connus qui ont refusé d'obtempérer, je ne vois rien de choquant." Elle accuse même ses adversaires politiques d'être contre la police et de vouloir légaliser le cannabis.

France Jamet insiste : "Il faut dissoudre les dealeurs, pas le GSRI. Ce n'est pas en se privant de cette brigade qu'on va résoudre le problème." Dans son programme, elle propose plutôt le renforcement des effectifs policiers, l'installation de caméras supplémentaires et le retour de concierges dans les logements sociaux travaillant en lien avec la police nationale.

Le maire sortant maintient son soutien au GSRI

Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier, a réaffirmé son "soutien entier au GSRI3M qui mène un travail difficile qui déstabilise le narcotrafic." Sur son compte X, il précise : "Il dérange ceux qui dégradent avec leur trafic la vie des locataires du parc social, tant mieux." Pour lui, cette intervention s'est produite sur un point de deal connu, justifiant ainsi l'action du GSRI.

Des positions plus nuancées et des interrogations juridiques

L'ancien maire de Montpellier, Philippe Saurel, adopte une position plus prudente : "C'est une affaire extrêmement sensible. Je ne connais pas le contrat. Ces agents sont-ils assermentés ? Qui les paye ? Il faut le savoir pour avoir une position éclairée."

Isabelle Perrein dénonce quant à elle "une ambiguïté juridique" et s'interroge sur "le cadre légal des interventions de cette sécurité privée et le statut des agents." Elle met en garde : "Quand on flirte avec les limites du droit, la prochaine étape est souvent le dérapage."

Mohed Altrad dresse un constat d'échec : "Si on en arrive là, c'est qu'on a échoué. Des mesures de prévention fortes doivent être mises en place." Il propose dans son programme l'installation de caméras reliées au CSU dans les halls des logements sociaux.

Un débat qui dépasse la simple vidéo

Cette polémique soulève des questions plus larges sur la sécurité dans les quartiers populaires et la délégation de missions de police à des acteurs privés. Alors que les élections municipales approchent, chaque candidat instrumentalise cet événement pour défendre sa vision de la sécurité urbaine, entre approche répressive et solutions préventives.

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La question centrale reste : des brigades privées comme le GSRI sont-elles la solution appropriée pour lutter contre le narcotrafic dans les quartiers défavorisés, ou représentent-elles un dangereux contournement des prérogatives régaliennes de l'État ? Le débat promet de se poursuivre bien au-delà de la campagne électorale.