Municipales : un débat houleux sur le doublement de la police municipale
À coups de chiffres tranchants et de phrases cinglantes, le maire Philippe Buisson et son opposant Christophe Gigot se sont violemment affrontés lundi soir lors du Conseil municipal. Leur débat acharné sur le projet de doubler les effectifs de la police municipale a offert un avant-goût très concret de la campagne électorale qui démarre lentement, mais sûrement.
Un choc frontal sur la viabilité budgétaire
La phrase « On ne va pas faire la campagne municipale ce soir… », prononcée à plusieurs reprises, n'aura pas résisté longtemps à la réalité des échanges. À moins d'un mois du premier tour des élections des 15 et 22 mars, la confrontation entre les deux candidats a rapidement pris des allures de débat de fond sur la viabilité budgétaire des projets portés par l'opposition.
Au cœur de la passe d'armes : la proposition de Christophe Gigot de doubler les effectifs de la police municipale. « C'est deux millions d'euros au bas mot uniquement en fonctionnement », a lancé le maire, dénonçant une « impasse mathématique ».
Un investissement stratégique ou une dépense irréaliste ?
Pour l'opposant de droite, ce choix est assumé et jugé « fondamental ». Il le présente non comme une dépense, mais comme un investissement stratégique, arguant qu'une ville plus sûre est une ville plus attractive. Selon lui, le coût serait absorbé par :
- Des redéploiements internes et des arbitrages dans le budget de fonctionnement
- La suppression de 30 postes municipaux
- La modernisation des services
- Le recours à l'intelligence artificielle pour alléger certaines tâches administratives
- La lutte contre l'absentéisme
Le tout sans hausse d'impôts ni nouvel endettement, assure-t-il.
Des chiffres qui s'opposent et une crédibilité en jeu
Philippe Buisson juge cette équation « compliquado ». Chiffres à l'appui, il estime qu'aux salaires des nouveaux policiers s'ajouteraient des coûts incompressibles : véhicules, équipements, et peut-être même un nouveau bâtiment. Pour dégager deux millions d'euros réels, en tenant compte des hausses mécaniques du Smic, des cotisations retraite et du glissement vieillesse-technicité, il faudrait supprimer non pas 30, mais entre 60 et 80 postes municipaux. Des économies qui, selon l'exécutif, servent déjà à maintenir l'équilibre budgétaire actuel.
La discussion a glissé sur le terrain de la crédibilité politique. Christophe Gigot a rappelé la hausse de 22% de la fiscalité intervenue lors du précédent mandat, malgré des engagements de stabilité. Philippe Buisson a répliqué en invoquant la crise sanitaire, la baisse de l'endettement communal et des investissements lourds, estimant que le programme global de son adversaire atteindrait près de 100 millions d'euros.
Malgré les précautions oratoires, le ton et les chiffres échangés auront donné un avant-goût très concret et animé de la campagne municipale à venir, où les questions de sécurité et de finances publiques promettent d'être au centre des débats.



