Municipales 2026 à Montpellier : cinq candidats face aux chefs d'entreprise lors d'un grand oral
Municipales 2026 Montpellier : grand oral des candidats devant le Medef

Un grand oral économique pour les prétendants à la mairie de Montpellier

Ce mardi 10 février 2026, le Medef Hérault a organisé un débat politique d'envergure au Domaine de Verchant, réunissant plusieurs centaines d'acteurs du monde économique. Cinq candidats aux élections municipales de Montpellier se sont succédé à la tribune pour exposer leurs projets lors d'un grand oral structuré autour de six thématiques cruciales.

Les candidats présents face aux entrepreneurs

Outre le maire sortant Michaël Delafosse, quatre autres prétendants ont participé à cet exercice démocratique : Nathalie Oziol, Isabelle Perrein, Jean-Louis Roumégas et Thierry Tsagalos. Chaque candidat disposait de deux minutes par thème, suivies d'une conclusion de trois minutes, pour convaincre l'auditoire entrepreneurial.

Transition écologique : des visions contrastées

Le premier thème abordé concernait la transition écologique, avec des propositions variées. Michaël Delafosse a défendu son centre de stockage de déchets à Garosud, affirmant que cette solution éviterait "de voir flamber la TEOM et faire faire 800 000 km à des camions chargés de déchets". Jean-Louis Roumégas a plaidé pour "une régie publique de l'énergie", tandis qu'Isabelle Perrein a suggéré "l'installation de data centers dans les zones d'activité économique pour faire baisser le coût de l'énergie". Nathalie Oziol, quant à elle, a promis "une énergie locale 100% verte".

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Fiscalité locale : un sujet sensible

La fiscalité locale, qui atteint désormais 1 712 euros par salarié, a suscité des réactions diverses. Nathalie Oziol a estimé nécessaire de "flécher les aides vers les TPE-PME qui versent 50% d'impôt en plus comparé aux très grandes entreprises". Thierry Tsagalos a proposé "un moratoire sur la TEOM", taxe dont Isabelle Perrein a déploré la progression de 48%. Jean-Louis Roumégas a critiqué le versement transport, soulignant que "les entreprises ne sont pas toujours bien desservies". Michaël Delafosse a rappelé que "la fiscalité des entreprises a servi à desservir la gare Sud de France avec le tramway et le Millénaire avec le trambus".

Sécurité : entre renforcement et médiation

Sur le thème de la sécurité, les approches ont divergé significativement. Isabelle Perrein a plaidé pour 400 policiers municipaux et 1 100 caméras, tandis que Thierry Tsagalos visait 600 policiers et 1 500 caméras. Nathalie Oziol a critiqué cette "surenchère sécuritaire" et prôné le "rétablissement d'une police de proximité pour faire de la médiation". Jean-Louis Roumégas a souligné sa volonté d'une "police municipale répartie dans les quartiers, au plus près des zones d'activités". Le maire sortant a rappelé son bilan, notamment "la création d'une brigade de tranquillité des logements sociaux et la construction de l'hôtel des sécurités".

Mobilités : des solutions pour désenclaver

Les propositions en matière de mobilités ont reflété différentes philosophies. Isabelle Perrein veut "permettre d'accéder à toute heure au centre-ville et créer une sortie d'autoroute sur l'A 709, au niveau de Cambacérès". Thierry Tsagalos compte "rouvrir des axes à la circulation : Albert-Dubout, une partie du tunnel de la Comédie, Gambetta à double sens...". Nathalie Oziol préconise d'"augmenter la cadence des transports en commun et réfléchir à une étoile ferroviaire". Jean-Louis Roumégas estime que "sauver les commerçants du centre-ville passe par élargir l'offre de transports en commun". Michaël Delafosse a rappelé que cinq lignes de bustram sillonneront la Métropole et qu'"en 2034, la LGV Montpellier Béziers permettra d'augmenter le cadencement des TER".

Immobilier et foncier : priorité au développement économique

Le maire sortant a souligné que "la question du développement économique sera la priorité du prochain mandat". Nathalie Oziol a dénoncé "une explosion des loyers et une spéculation immobilière qui est en train de tuer les TPE-PME". Jean-Louis Roumégas a demandé "davantage de transparence dans l'attribution de la commande publique". Isabelle Perrein a plaidé pour "une simplification administrative, notamment en matière d'urbanisme, pour aider les entreprises à trouver des terrains". Thierry Tsagalos a avancé l'idée d'un "conseil économique local pour aider les entreprises".

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Logement : un frein majeur au développement

L'insuffisance de logements est perçue comme "un des principaux freins au développement économique". Isabelle Perrein a déploré que "nous sommes passés de 4 000 logements mis en construction en 2020 à 500 aujourd'hui". Elle plaide pour l'arrêt de l'encadrement des loyers, position partagée par Thierry Tsagalos qui veut "étendre la Métropole pour construire davantage". Jean-Louis Roumégas propose de "créer un office municipal du logement" et Nathalie Oziol de "rendre transparente l'attribution de logements sociaux".

Ce débat, basé sur un sondage effectué par le Medef auprès de ses adhérents de juin 2025 à janvier 2026, a offert une vision complète des enjeux économiques qui attendent le futur maire de Montpellier. Les propositions contrastées des cinq candidats illustrent les différentes orientations possibles pour la troisième ville de la région Occitanie.