Hommage unanime à l'Assemblée nationale pour Quentin Deranque
Les députés ont observé mardi une minute de silence en hommage à Quentin Deranque, jeune militant nationaliste mort samedi à Lyon, deux jours après avoir été violemment agressé. La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a ouvert la séance par des mots empreints d'émotion. « Personne ne devrait mourir à 23 ans. Personne ne devrait mourir pour ses idées », a-t-elle déclaré, adressant les pensées de l'institution à la famille et aux proches du jeune homme.
Un appel au calme et à la responsabilité collective
Yaël Braun-Pivet a ensuite insisté sur les fondamentaux de la démocratie. « La première des évidences dans une démocratie, c'est le refus de la violence physique », a-t-elle martelé. Elle a appelé chaque député à être garant de la dignité du débat public et à œuvrer pour l'apaisement, dans l'intérêt supérieur de la Nation. Cet hommage, acté le matin même par la conférence des présidents de l'Assemblée, a été unanimement respecté dans l'hémicycle, tous les députés s'étant levés pour observer le silence.
Des réactions politiques contrastées et des mises en garde
L'initiative de cette minute de silence émanait d'Éric Ciotti, président du groupe UDR, allié au Rassemblement National. Mathilde Panot, cheffe du groupe La France insoumise, a indiqué avoir soutenu cette démarche, tout en émettant une mise en garde cruciale. « Nous souhaitons que cette minute de silence soit un hommage digne et que ce ne soit pas le lieu d'une instrumentalisation », a-t-elle précisé en conférence de presse. Elle a par ailleurs pointé une « flambée de violences de l'extrême droite » et rappelé qu'aucune minute de silence n'avait été observée après la mort de l'ancien rugbyman argentin Federico Martin Aramburu, assassiné à Paris en mars 2022.
Une enquête en cours dans un climat de tensions politiques
Les circonstances exactes du décès de Quentin Deranque restent à élucider. Agressé jeudi soir à Lyon, cet étudiant était, selon le collectif identitaire Némésis, chargé d'assurer la sécurité de militantes venues manifester contre une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Némésis affirme que l'agression a été perpétrée par des militants antifascistes, dont certains seraient issus de la Jeune Garde, une organisation fondée par Raphaël Arnault, aujourd'hui député La France insoumise.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé lundi la « responsabilité morale » de La France insoumise dans un climat de violence politique. Une accusation fermement rejetée par le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, qui a affirmé mardi qu'il n'existait « aucun lien » entre La France insoumise et cette mort, qualifiant ces allégations de « mensongères ».
La demande de vérité judiciaire du Premier ministre
Alors que l'enquête pour identifier les responsables de cette agression mortelle se poursuit activement, sans interpellation à ce stade, le Premier ministre Sébastien Lecornu est intervenu. Il a demandé que « la vérité judiciaire passe » sans subir « aucune pression », insistant sur la nécessité de laisser la justice faire son travail en toute indépendance. Un hommage similaire sera rendu à Quentin Deranque au Sénat mercredi après-midi, avant la séance des Questions au gouvernement, selon les services de la chambre haute.



