La porte-parole du gouvernement lance un appel aux électeurs après la mort de Quentin Deranque
La mort violente de Quentin Deranque, survenue il y a quelques jours à Lyon, continue de provoquer des remous significatifs dans le paysage politique français. Alors que neuf suspects, dont Jacques-Elie Favrot, l'assistant parlementaire du député La France insoumise Raphaël Arnault, ont été interpellés mardi dans le cadre de l'enquête, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a lancé un appel retentissant.
Un appel à l'exclusion du député insoumis
Sur les ondes de franceinfo, mercredi 18 février 2026, Maud Bregeon a demandé avec insistance à La France insoumise de procéder à un nettoyage dans ses rangs. Elle a explicitement appelé la présidente du groupe, Mathilde Panot, à exclure le député Raphaël Arnault de son groupe parlementaire, ou à tout le moins à le suspendre temporairement. "La France Insoumise doit faire le ménage dans ses rangs et moi j'appelle la présidente Mathilde Panot à exclure Raphaël Arnault de son groupe, ou tout du moins à l'exclure temporairement pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence", a-t-elle déclaré.
La porte-parole du gouvernement a étendu son propos en s'adressant directement aux citoyens. Elle estime que les Français ont "toutes et tous une responsabilité" lorsqu'ils choisissent leurs représentants. Dans un geste sans précédent, elle a lancé un appel aux électeurs pour qu'il n'y ait "plus jamais un député LFI au sein de l'Assemblée nationale", liant directement le vote à la moralité des élus.
Des réactions politiques divergentes
La présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a adopté une posture plus mesurée mais tout aussi préoccupée. Elle a invité "chaque parti politique à se poser la question" fondamentale de la représentativité et de l'honorabilité de ses membres. "Est-ce que tel député ou tel élu est susceptible de me représenter, de représenter la nation et de porter le nom de mon parti ?", a-t-elle interrogé, appelant implicitement à un examen de conscience collectif.
Yaël Braun-Pivet a également exprimé son regret concernant l'attitude de Jean-Luc Mélenchon. Elle a déploré que le leader de LFI "n'ait pas prononcé des mots d'apaisement" lors de sa conférence de presse de mardi soir, l'accusant par ailleurs d'avoir contribué à créer un climat hostile.
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a réagi avec fermeté aux demandes de Sébastien Lecornu, qui avait également exhorté le mouvement à "faire le ménage". La France insoumise a clairement indiqué qu'elle "n'accepte pas les leçons" venues d'autres formations politiques, rejetant toute ingérence dans ses affaires internes.
Un contexte de violence politique montante
L'affaire Quentin Deranque s'inscrit dans un climat tendu. Le jeune militant nationaliste a été retrouvé mort, roué de coups, jeudi à Lyon, en marge d'une conférence organisée par l'eurodéputée LFI Rima Hassan. Les autorités judiciaires ont révélé qu'il "présentait essentiellement des lésions majeures à la tête", confirmant la brutalité de l'agression.
Yaël Braun-Pivet a tenu à rappeler que la violence n'est pas l'apanage d'un seul bord politique. "Là on parle de l'ultragauche, mais il y a aussi des groupuscules d'extrême droite qui sont dans la rue, qui aussi cherchent la bagarre et qui commettent des actes répréhensibles", a-t-elle souligné, appelant à une condamnation universelle de la violence.
La présidente de l'Assemblée a toutefois refusé de céder à la tentation de l'interdiction générale. Elle s'est dite opposée à une prohibition des réunions politiques dans les universités, affirmant que "chacun a le droit de pouvoir s'exprimer dans des universités. Il ne faut pas d'interdiction générale, parce que nos jeunes ont besoin de former leur esprit".
Cet événement tragique met en lumière ce que certains observateurs qualifient déjà de "montée exponentielle de la violence politique" en France, posant des questions fondamentales sur la sécurité des militants, la responsabilité des élus et le climat général du débat démocratique.



