François Patriat, président du groupe macroniste au Sénat depuis 2017 et l’un des premiers soutiens d’Emmanuel Macron, est mort ce mercredi 19 août 2026 à l’âge de 83 ans, a annoncé son groupe parlementaire à l’AFP. Le sénateur de Côte-d’Or est décédé à l’hôpital de Dijon « des suites d’un grave accident de vélo survenu le 17 juillet dernier », a précisé le Rassemblement des démocrates, progressistes et indépendants (RDPI).
Un hommage présidentiel immédiat
Le chef de l’État lui a rendu hommage quelques minutes après l’annonce de sa mort. « La Côte-d’Or et la Bourgogne perdent l’un de leurs plus fidèles serviteurs. La République, l’un de ses plus infatigables artisans. Pour ma part, je perds un ami cher », a écrit Emmanuel Macron sur son compte X. Sa disparition emporte l’une des dernières figures du premier cercle de la macronie.
Ancien socialiste, François Patriat avait rejoint très tôt l’aventure d’Emmanuel Macron, avant même son élection à l’Élysée en 2017. Il avait ensuite créé cette même année le groupe macroniste au Sénat, qu’il présidait depuis. La mort de François Patriat intervient alors qu’il s’apprêtait à quitter la vie parlementaire. Fin juin, à quelques mois des élections sénatoriales de septembre, il avait annoncé qu’il ne solliciterait pas un quatrième mandat.
Près de 50 ans de vie politique
François Patriat aura passé 15 ans à l’Assemblée nationale entre 1981 et 2000, puis 18 ans au Sénat à partir de 2008. De ses « 23 élections », il disait récemment n’en avoir perdu que deux. Né le 21 mars 1943 à Semur-en-Auxois, en Côte-d’Or, ce fils d’éleveur était vétérinaire de formation. Diplômé de l’École nationale vétérinaire d’Alfort, il avait exercé pendant 12 ans à Pouilly-en-Auxois avant de se consacrer pleinement à la politique.
Il adhère au Parti socialiste en 1974, devient conseiller général en Côte-d’Or en 1976 puis député en 1981. Il multiplie ensuite les mandats locaux, notamment comme maire de Chailly-sur-Armançon de 1989 à 2001. Sous Lionel Jospin, il entre au gouvernement en 2000 comme secrétaire d’État chargé des PME, du Commerce et de l’Artisanat, avant de devenir brièvement ministre de l’Agriculture et de la Pêche en 2002. Deux ans plus tard, François Patriat conquiert la présidence de la région Bourgogne, qu’il conserve jusqu’en 2015.
Un des premiers macronistes
Mais c’est son ralliement à Emmanuel Macron qui marque la dernière partie de sa carrière. François Patriat se rapproche dès 2015 de celui qui est encore ministre de l’Économie. Le 6 avril 2016, avant le meeting d’Amiens au cours duquel Emmanuel Macron lance En Marche, il raconte avoir allumé un cierge dans la cathédrale de la ville. L’ancien socialiste devient dès lors l’un des plus fidèles soutiens du futur président. « Moi, je suis là pour aller jusqu’au bout avec Macron », confiait-il encore à l’AFP.
En pleine contestation contre la réforme des retraites, il s’étonnait également : « Je ne sais pas comment les Français peuvent à ce point douter d’un président aussi bon, aussi brillant, aussi humain, aussi tactile. » La relation entre les deux hommes dépassait le strict cadre politique. En septembre 2016, François Patriat est grièvement blessé après avoir percuté une voiture circulant à contresens sur l’autoroute. Alors qu’il est encore coincé dans son véhicule, Emmanuel Macron l’appelle et contribue à le maintenir éveillé au téléphone. « Emmanuel, je suis en train de mourir », lui souffle-t-il alors, selon Le Monde. L’accident, qui avait fait deux morts, lui vaudra de se considérer comme un miraculé.
Hommages unanimes de la classe politique
Plusieurs responsables politiques ont salué sa mémoire. L’ancien ministre et ancien maire de Dijon François Rebsamen, candidat aux sénatoriales, a fait part de son « immense tristesse » après la disparition d’un « ami ». François Patriat était resté « fidèle » aux « femmes et aux hommes qu’il choisissait d’accompagner, de Michel Rocard à Emmanuel Macron, avec une liberté de jugement qui ne l’a jamais quitté », a-t-il déclaré. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé qu’il « incarnait, au fond, une certaine conception de la fraternité républicaine », ajoutant que « la vie politique perd l’une de ses figures les plus attachantes ».
Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance, a rendu hommage à un homme ayant « dédié sa vie à l’intérêt général, défendant ses convictions sans renoncer à sa liberté et son franc-parler ». Au Sénat, le président du groupe socialiste Patrick Kanner a rappelé que son « parcours politique nationale exceptionnel ne l’avait jamais écarté de sa chère Bourgogne », tandis que le groupe centriste de la chambre haute a salué un « élu de terrain » et un « président de groupe dynamique et engagé ».



