Sébastien Cote, premier adjoint de Montpellier, prône l'hyper-proximité après des années de bouleversement
Montpellier : le premier adjoint Cote mise sur l'hyper-proximité

Montpellier : Sébastien Cote, premier adjoint, mise sur l'hyper-proximité pour apaiser la ville

Sébastien Cote, nouvellement nommé premier adjoint au maire de Montpellier Michaël Delafosse, s'installe au cœur de l'appareil municipal avec des délégations majeures. Chargé de la sécurité, de la vie associative et du pilotage du mandat, il affiche une ligne directrice claire : allier action de terrain, « hyper-proximité » et fermeté. Face aux attaques de l'opposition, il assume pleinement une gauche « qui protège », particulièrement sur les questions sécuritaires.

Un rôle de mise en œuvre et de coordination

Interrogé sur sa nouvelle fonction, Sébastien Cote la perçoit avant tout comme un rôle de mise en œuvre. « Le plan de mandat, c'est l'application du programme dans le temps, son phasage, dans un contexte incertain notamment international avec l'inflation et les contraintes budgétaires », explique-t-il. Il souligne la nécessité de coordonner et de prioriser les actions, tout en maintenant la cohésion d'une majorité plurielle.

« On a conscience qu'on a bousculé Montpellier lors du mandat. C'est vrai, mais c'était nécessaire : il fallait rattraper du retard. On ne refera pas deux mandats en un. Aujourd'hui, on veut apaiser, prendre le temps de concerter, d'expliquer, d'associer les habitants et continuer à transformer la ville à un rythme soutenable », affirme-t-il, insistant sur cette nouvelle phase d'apaisement après des années de transformations rapides.

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Refus du titre de "maire-bis" et défense d'une gauche protectrice

Malgré l'étendue de ses responsabilités, Sébastien Cote rejette catégoriquement l'appellation de « maire-bis ». « Le maire, c'est Michaël Delafosse. Il a été élu sur son nom. Moi, j'ai des délégations importantes, mais elles ont un sens », précise-t-il. Il justifie ses attributions par leur impact direct sur le quotidien des Montpelliérains : la sécurité comme préoccupation majeure, et les associations comme vecteurs de lien social et de dialogue citoyen.

Concernant l'opposition, notamment La France insoumise (LFI), il se définit non comme un rempart, mais comme un acteur du débat politique. « Je constate que La France insoumise concentre beaucoup d'énergie à nous combattre, alors que nous sommes une majorité de gauche plurielle très élargie. Pendant ce temps, le vrai danger, c'est la progression du Rassemblement national. C'est là que devrait se situer leur combat », estime-t-il.

Il assume une ligne sécuritaire marquée à gauche, arguant que « les premières victimes de l'insécurité, ce sont les femmes, les jeunes, les catégories populaires ». Pour lui, la sécurité n'est pas un tabou, mais une condition essentielle du vivre-ensemble. Il critique ainsi la proposition de désarmer la police municipale, portée par le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, la qualifiant d'abandon des publics les plus vulnérables.

Des mesures concrètes : recrutement, vidéoprotection et régulation

Sur le plan opérationnel, Sébastien Cote détaille plusieurs engagements du mandat. Concernant le recrutement de 100 agents supplémentaires (policiers municipaux et autres), il reconnaît les difficultés liées à la concurrence entre villes, mais promet une approche pragmatique et progressive. « On va le faire de manière pragmatique, en fonction des besoins liés aux dispositifs qu'on met en place, et en phasant les recrutements dans le temps », explique-t-il, en insistant sur l'attractivité des postes et la fidélisation des agents.

La vidéoprotection doit doubler, passant d'environ 500 à 1000 caméras. Cependant, il souligne que « l'enjeu, ce n'est pas la quantité, c'est l'efficacité ». Pour cela, un projet d'hôtel des sécurités est prévu pour 2028 sur l'ancien bidonville de Celleneuve, afin de mieux coordonner les interventions et d'améliorer les réponses.

Il poursuit également la fermeture des épiceries de nuit, une mesure déjà validée par deux victoires judiciaires. « Il ne s'agit pas de stigmatiser, mais de faire respecter les règles », justifie-t-il, pointant la prolifération de ces commerces (passés d'une vingtaine à près de 180) et leurs nuisances pour les riverains.

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Soutien au GSRI et ancrage communal

Interrogé sur le Groupe de Sécurité et de Réponse aux Interventions (GSRI), critiqué après une vidéo controversée, Sébastien Cote réaffirme son soutien. « Oui, je les soutiens clairement. Et dans le cas précis, il faut dire les choses : la personne en face était fautive », déclare-t-il. Il défend le travail de ces agents dans des contextes difficiles, comme le logement social, et rejette le terme de « milice » comme infondé.

Enfin, expliquant son choix de rester à la mairie plutôt que de rejoindre la Métropole, il argue que « le cœur de l'action, c'est la commune ». Pour lui, la tranquillité, le lien social et la vie des quartiers se jouent avant tout à l'échelle urbaine, où il est possible d'agir concrètement et de répondre aux préoccupations quotidiennes des habitants.