Marseille sous le choc du score historique du RN aux municipales
Marseille : le RN à 35%, un score historique qui divise

Marseille sous le choc du score historique du RN aux municipales

« Mais Marseille c’est une ville de raciste ! ? », s’interroge une internaute sur X, tandis qu’un autre ajoute : « Je suis tellement choqué de Marseille ». Ces réactions, partagées par de nombreux utilisateurs des réseaux sociaux, témoignent d’un étonnement général face aux résultats des élections municipales dans la cité phocéenne. En effet, le candidat du Rassemblement National, Franck Allisio, a réalisé un score historique de 35 %, talonnant de près le maire sortant Benoît Payan (divers gauche, 36,7 %).

Un électorat en mutation

Cet étonnement est souvent le fait de personnes ne résidant pas à Marseille, une ville qui fut acquise pendant vingt-cinq ans, jusqu’en 2020, à Jean-Claude Gaudin du RPR puis de l’UMP. Son héritière, Martine Vassal, n’a été créditée que de 12,4 % des voix ce dimanche. « Fallait bien que les électeurs qui ont déserté la droite classique aillent quelque part », résume Josiane, une électrice de gauche d’une cinquantaine d’années, qui patiente en lisant un journal.

« En vrai, c’est chaud », commente Marceau, un artiste de trente ans récemment arrivé de Nantes. « Je ne sais pas vraiment comment on est parvenus là ». Son ami Jocelyn, venu de Paris et employé dans un supermarché, se dit « ni choqué, ni surpris. C’est un peu toute la France qui voit le RN être très haut. Marseille est une ville très fragmentée. Je sais aussi que dans les villes autour et particulièrement dans le Var, l’extrême droite est très forte ». Rappelons qu’aux législatives partielles de 2024, le RN avait totalisé 48 % des voix au second tour.

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Les réactions des Marseillais

Si voir le RN si haut dans une ville cosmopolite comme Marseille peut surprendre de l’extérieur, Robert, bientôt octogénaire et résident de longue date, ne s’en émeut pas. « C’était attendu. Vous habitez la ville ? », répond-il de manière rhétorique. « Tout se dégrade. Le socialisme, c’est le laxisme. Non pas que l’autre (Allisio) soit meilleur, mais ça changera un peu », confie-t-il. Un avis partagé par Jérôme, un quadragénaire travaillant dans l’industrie, croisé sur le Vieux-Port.

Feriel, qui attend son enfant devant une école maternelle, déclare : « Je ne suis pas surprise, mais j’espère bien que ce sera la gauche. Marseille, c’est l’immigration, c’est la plus belle, ça ne peut pas être l’extrême droite ». De son côté, Annissa, qui n’a pas voté au premier tour comme près de la moitié des Marseillais, assure : « Dimanche on va tous aller voter, on va aller barrer la route à ce co***** ».

Une participation inégale et des enjeux cruciaux

Ce dimanche, le taux de participation s’est établi à 52,18 %, soit 15 points de moins qu’à Lyon, avec d’importantes disparités. Les secteurs les plus populaires et avec une part plus importante d’habitants issus de l’immigration sont ceux qui ont le moins voté, avec à peine 35 % et 37 % de participation pour les quartiers nord, et tout juste 40 % pour les 2e et 3e arrondissements.

L’enjeu est de taille, alors que Benoît Payan a déposé sa liste entière pour le second tour, refusant toute alliance avec la liste LFI de Sébastien Delogu (12 %). Martine Vassal a également annoncé maintenir sa candidature, orientant la ville vers une quadrangulaire dans un scénario similaire au premier tour.

La pression monte contre Payan

Si le score du RN ne choque personne localement, l’attitude cavalière de Benoît Payan déconcerte davantage. « Je ne sais pas trop à quoi il joue si ce n’est avec le feu », s’inquiète Margot, une électrice d’une vingtaine d’années. Ce sentiment est partagé par le collectif « faisons front commun », qui a organisé un rassemblement devant la mairie ce lundi à 18 heures « pour imposer au maire sortant » une « fusion des listes de gauche ».

Près de 500 personnes se sont réunies sous les fenêtres de l’hôtel de ville, scandant « unité, unité », avant de partir en cortège vers la permanence du Printemps Marseillais, située sur la Canebière voisine. La tension monte à Marseille alors que le second tour approche, avec des électeurs déterminés à influencer l’issue de ce scrutin crucial.

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