La décision de la cour d'appel ce mardi 7 juillet sur la culpabilité de Marine Le Pen dans le procès des assistants fictifs du RN au Parlement européen est à la Une de tous les grands quotidiens français, et la presse internationale n'est pas en reste. Après une première condamnation le 31 mars 2025 à quatre ans de prison dont un an ferme, à une amende de 100 000 euros et surtout à cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, le sort de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027 agite aussi les rotatives de nos alliés européens ou plus lointains.
Les scénarios envisagés par la presse belge et britannique
L'occasion pour nos voisins belges de la RTBF de revenir sur l'affaire et d'exposer les différents scénarios qui s'offrent à la cheffe des députés à l'Assemblée nationale. Ils rappellent que « si les magistrats de la cour d'appel confirment le jugement prononcé en première instance, ou condamnent Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité supérieure à deux ans, elle serait définitivement hors jeu dans la course à l'Élysée ».
Mais l'hypothèse de la condamnation et de son empêchement n'est pas la seule. Marine Le Pen pourrait être relaxée, comme le mentionne la RTBF, même si cette dernière estime la possibilité comme « assez peu probable ». Sa peine pourrait également être amoindrie, voyant son inéligibilité passer de cinq à deux ans. Sans pour autant que cela ne suffise : « toute peine de prison ou surveillance électronique » entravant « gravement sa capacité à faire campagne », insiste le quotidien britannique The Guardian.
Une journée qui « met en jeu l'élection présidentielle » pour Sky TG24
Une journée qui « met en jeu l'élection présidentielle » pour Sky TG24. La chaîne italienne, qui met le sujet en avant sur sa page d'accueil, revient sur les faits présumés de « création de faux postes au Parlement européen » entre 2004 et 2016 reprochés à la candidate-mais-pas-trop-candidate. Un préjudice causé aux institutions européennes chiffré à plus de 3 millions d'euros et que la prévenue continue d'attribuer à une simple « erreur humaine », ajoute la chaîne.
Le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung s'interroge sur l'impact du verdict
Outre-Rhin, le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung s'interroge sur les principales questions que pose le verdict à l'« impact considérable sur la France ». Un dossier présenté en cour d'appel « identique à celui de premier procès, riche en preuves circonstancielles » et le journal de se demander si les « juges considéreront l'infraction comme aussi grave que leurs collègues ». Une condamnation qui, si elle est confirmée en appel, signifiera pour le parti de passer « au plan B » – B comme Jordan Bardella –, qui serait finalement peut-être « devenu le plan A », estime le Süddeutsche Zeitung. Le quotidien note que ce dernier est, lui, épargné du « lourd passif qui pèse encore » sur la fille de Jean-Marie Le Pen.
La BBC évoque une décision « importante pour la France »
Une annonce qui « donnera de facto le coup d'envoi de la course présidentielle » selon la BBC, qui évoque ce mardi une décision « importante pour la France », alors que le Rassemblement national est « en tête des sondages à dix mois du scrutin ». Revenant sur la peine dont a écopé en première instance l'ancienne patronne du RN, le média anglais retrace le parcours de la femme politique. Et note que Marine Le Pen se dépeint en « victime de la justice française » et d'un traitement judiciaire différent d'autres leaders politiques dont les partis « ont été reconnus coupables de fraude ».
Le New York Times dresse un parallèle avec Donald Trump
Un tournant politique crucial pour la suite du mouvement politique mais également pour « la stabilité démocratique » du pays d'après le New York Times. Un résultat qui pourrait « mettre un terme à une dynastie familiale » présente à chaque élection présidentielle depuis 1988. Le quotidien américain revient également sur la « chasse aux sorcières politique » dont a été victime, selon ses mots, Marine Le Pen et dresse évidemment un parallèle avec Donald Trump. « Ses griefs rappelaient distinctement les accusations du président Trump sur le système judiciaire aux États-Unis après sa condamnation au civil et au pénal », analyse le New York Times, qui note que Marine Le Pen a quelque peu adouci sa défense en appel, sans pour autant en changer le fond.



