Ce mardi 7 juillet 2026, la cour d'appel de Paris a rendu son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (devenu Rassemblement national). Marine Le Pen, députée du Pas-de-Calais, a été reconnue coupable de détournement de fonds européens. Elle écope de 15 mois d'inéligibilité ferme et d'une peine d'un an de prison ferme, aménageable sous bracelet électronique. Cette décision judiciaire, rendue dans une ambiance étouffante au cœur de l'Île de la Cité, est cruciale pour ses ambitions présidentielles.
Un procès sous haute tension
La salle d'audience était bondée, rassemblant les proches de Marine Le Pen : les députés Jean-Philippe Tanguy, Kévin Pfeffer, Caroline Parmentier et Bruno Bilde, les eurodéputés Philippe Olivier et Jean-Paul Garraud, ainsi que Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l'Assemblée nationale. À la demande de la députée, Jordan Bardella est resté au siège du parti, une manière de le préserver en vue d'une éventuelle succession si la condamnation avait été plus lourde.
Marine Le Pen est arrivée à 13h15, accompagnée de son amie et eurodéputée Catherine Griset. Vêtue d'un pantalon noir et d'une veste rose pâle, elle a fait une révérence à l'avocat du Parlement européen, Patrick Maisonneuve, avant de s'installer sous le regard des 75 journalistes accrédités.
La décision de la cour
À 13h30, la présidente de la cour d'appel, Michèle Agi, a commencé sa lecture. Elle a rappelé que les fonds européens sont des fonds publics et que les missions d'assistant parlementaire ne peuvent s'entendre en dehors du mandat. La magistrate a estimé qu'un mode de fonctionnement organisé avait bien eu cours autour de Jean-Marie Le Pen, puis de Marine Le Pen. Les infractions ont été qualifiées de « graves », notamment au regard des montants détournés.
Marine Le Pen a été jugée coupable de détournements de fonds européens, comme lors du premier procès. Le 31 mars 2025, elle avait été condamnée à quatre ans de prison dont un ferme, une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate. En appel, le ministère public avait requis quatre ans de prison, dont un an ferme (aménageable sous bracelet électronique), et cinq ans d'inéligibilité.
Les conséquences politiques
La question centrale était de savoir si la peine d'inéligibilité empêcherait Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle de 2027. Avec 15 mois d'inéligibilité ferme, elle peut a priori se présenter, la peine étant inférieure à la durée restante avant le scrutin. Toutefois, cette condamnation pourrait avoir un impact sur sa campagne et son image.
Cette décision intervient dans un contexte politique tendu pour le Rassemblement national, alors que Jordan Bardella est pressenti pour prendre la relève si nécessaire. L'issue de ce procès laisse planer une incertitude sur l'avenir politique de Marine Le Pen, mais ouvre la voie à une possible candidature à la présidentielle.



