Le maire RN de Carcassonne adopte les méthodes de Trump dans sa politique municipale
Christophe Barthès, le tout nouveau maire de Carcassonne élu sous l'étiquette du Rassemblement National, a immédiatement marqué son entrée en fonction par un geste fortement médiatisé. En imitant sans retenue le style de l'ancien président américain Donald Trump, il a signé un arrêté municipal interdisant la mendicité dans la cité médiévale, exhibant fièrement le document paraphé devant les caméras.
Une première mesure symbolique et controversée
Sous les applaudissements de ses partisans, cette décision vise à « nettoyer » les rues des personnes sans-abri et des demandeurs d'aumône, particulièrement nombreux dans cette ville touristique. Pour Barthès, viticulteur de profession et ancien proche de Charles Pasqua, il s'agit d'appliquer ce qu'il appelle le « bon sens paysan » face à ce qu'il considère comme des problèmes de propreté publique.
Dans la foulée de cette signature théâtrale, le maire a ordonné le retrait du drapeau de l'Union européenne de la façade de l'hôtel de ville. Un geste politique lourd de sens qui rappelle les positions souverainistes historiques du RN, même si le parti avait semblé les atténuer ces dernières années dans le cadre de sa stratégie de dédiabolisation.
Un climatosceptique affirmé aux positions tranchées
À 60 ans, Christophe Barthès incarne une certaine frange militante du Rassemblement National, celle qui résiste à l'assagissement prôné par Marine Le Pen. Climatosceptique déclaré, il affirme que l'homme n'est pas responsable du dérèglement climatique, s'opposant ainsi frontalement aux consensus scientifiques.
Son parcours politique est émaillé de controverses, notamment une participation à une manifestation à Narbonne où il posait à côté d'une pancarte injurieuse adressée à la députée Sandrine Rousseau, contenant des propos qualifiés de sexistes et ayant donné lieu à une plainte.
La stratégie de dédiabolisation du RN mise à l'épreuve
Barthès n'est pas un cas isolé. Dans le Pas-de-Calais, Anthony Garénaux-Glinkowski, nouveau maire RN de Harnes, a lui aussi retiré le drapeau européen de sa mairie, ainsi que celui de l'Ukraine. Ces actions soulèvent des questions cruciales sur la cohérence de la ligne du parti.
Alors que Marine Le Pen avait imposé la fameuse « stratégie de la cravate » pour normaliser l'image du RN, certains élus locaux semblent aujourd'hui tentés de revenir à des positions plus radicales, ravivant le spectre du Frexit et des thèses souverainistes les plus dures.
Un équilibre difficile à maintenir pour le parti
Ces initiatives individuelles créent un dilemme pour la direction du RN. D'un côté, elles risquent de froisser l'électorat de la droite traditionnelle que le parti cherche à séduire pour former des alliances. De l'autre, elles répondent aux attentes d'une base militante parfois frustrée par le modérantisme affiché.
La question centrale reste de savoir si Christophe Barthès et ses émules accepteront de modérer leurs ardeurs si la direction du parti le leur demande. L'épisode carcassonnais pourrait ainsi devenir un test révélateur des tensions internes au sein du Rassemblement National, entre stratégie électorale et fidélité aux fondamentaux idéologiques.



