Un maire condamné pour violences conjugales brigue un troisième mandat à Conflans-Sainte-Honorine
Maire condamné pour violences conjugales vise un 3e mandat

Un maire condamné pour violences conjugales brigue un troisième mandat à Conflans-Sainte-Honorine

La candidature de Laurent Brosse pour un troisième mandat à la mairie de Conflans-Sainte-Honorine suscite une vive polémique, suite à sa condamnation pour violences conjugales. Malgré un casier judiciaire chargé, l'élu bénéficie toujours du soutien d'une partie de ses administrés et de ses colistiers, créant un débat intense sur la moralité en politique.

Une condamnation qui divise la ville

En première instance, le maire de cette commune de moins de 40 000 habitants avait été condamné à douze mois de sursis et cinq ans d'inéligibilité pour harcèlement et agression sexuelle sur son ex-conjointe en 2022. La cour d'appel de Versailles a allégé cette peine en décembre, réduisant la sanction à dix mois de sursis et requalifiant les faits en tentative d'agression sexuelle, tout en levant son inéligibilité.

Cette décision judiciaire a provoqué l'indignation d'un collectif citoyen, dont les membres ont déployé une banderole devant la salle des fêtes lors d'un meeting de campagne. « Laurent Brosse est condamné pour harcèlement, violences et tentative d'agression sexuelle sur une femme, il ne doit plus être maire », pouvait-on lire sur leur pancarte.

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Des réactions contrastées parmi les habitants

À l'intérieur de la salle, l'ambiance était différente. Une colistière, souhaitant garder l'anonymat, a affirmé : « Pour les femmes de la liste spécifiquement, si nous avons choisi de le soutenir, c'est que nous avons complètement confiance ». Cette position contraste avec celle de certains commerçants comme Ophélie Josse, qui déclare : « Un homme qui fait ça, c'est pas beau tout court, mais quand on doit montrer l'exemple c'est encore pire ».

D'autres habitants, comme Raymond, un ancien batelier de 87 ans, estiment que le casier judiciaire du maire n'a « pas d'impact » sur son bilan municipal. La cour d'appel a justifié sa décision en considérant que les faits avaient été commis « exclusivement dans la sphère privée » et que l'élu adoptait « un comportement respectueux à l'égard des femmes dans le cadre professionnel ».

Divisions politiques et absence de front commun

L'opposition municipale ne parvient pas à s'unir sur cette question. En décembre, un vœu appelant le maire à la démission n'a recueilli que quatre voix. Hippolyte Djizanne-Djakeun, candidat sans étiquette, a qualifié Laurent Brosse de « délinquant », tandis qu'Alexandre Garcia, tête de liste d'une coalition de gauche, s'est abstenu malgré avoir publiquement appelé à sa mise en retrait.

Raphaël Prats, candidat d'une liste citoyenne, a voté pour le vœu et critique ceux qui « s'insurgeaient en parlant de moralisation de la vie publique et d'exemplarité n'ont pas voté ». Le groupe d'Aurore Ambert, candidate soutenue par Renaissance, n'a pas participé au vote, estimant que « la justice a déjà tranché ».

Un problème démocratique plus large

Mathilde Viot, présidente de l'Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, voit dans ce cas une illustration d'un problème plus large. Elle souligne que « les militantes font un travail de lanceuses d'alerte qui devrait en réalité être un travail mené par les partis politiques ». Cette juriste appelle à la mise en œuvre de « mécanismes légaux » pour lutter contre cette réalité, qui conduit selon elle à ce que « plein de femmes refusent de s'engager, parce qu'elles savent très bien que ça va être une tannée ».

Elle résume la situation comme « un réel problème démocratique », mettant en lumière les tensions entre vie privée et fonction publique, ainsi que les défis de l'exemplarité en politique.

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