Lyon face à un triple scrutin historique pour les élections municipales de 2026
Les règles électorales évoluent cette année, marquant un tournant pour les habitants de Lyon. À l’occasion des élections municipales, les Lyonnais devront voter trois fois, en raison d’un nouveau mode de scrutin, également applicable à Paris et Marseille, où l’on vote deux fois. Pour la première fois depuis 1982, les électeurs pourront choisir directement leur maire, et non plus uniquement via des conseillers. Cette réforme vise à uniformiser les pratiques entre les communes, tout en adaptant le système aux spécificités locales.
Pourquoi le scrutin était-il différent auparavant ?
Les trois plus grandes villes de France – Paris, Lyon et Marseille – bénéficiaient de règles électorales spécifiques, établies pour assurer une représentation équilibrée des habitants. Ces villes étaient divisées en arrondissements municipaux, dotés de conseils et de maires d’arrondissement, afin de rapprocher l’action municipale des citoyens, tout en maintenant une gouvernance à l’échelle de la ville. Jusqu’à présent, les électeurs votaient pour des listes de conseillers dans leur arrondissement de résidence, et ces élus désignaient ensuite le maire de la commune.
Quels sont les changements apportés par la réforme ?
En août 2025, la loi PLM, dédiée à Paris, Lyon et Marseille, a été réformée pour appliquer le principe d’un électeur représente une voix et harmoniser le mode de scrutin avec les autres communes. Les élections municipales se déroulent désormais au suffrage universel direct, avec un scrutin de liste à deux tours et une prime majoritaire. Cette prime, autrefois fixée à 50 % des sièges pour les listes gagnantes, est réduite à 25 % pour ces trois villes. À Paris et Marseille, les électeurs voteront les 15 et 22 mars, tandis qu’à Lyon, ils déposeront trois bulletins différents dans trois urnes distinctes, lors de parcours électoraux séparés mais réunis dans un même lieu.
Pourquoi les Lyonnais doivent-ils voter trois fois ?
Les électeurs de Lyon sont confrontés à un triple scrutin en raison du statut particulier de la métropole, qui regroupe 58 communes et 1,4 million d’habitants. Depuis 2015, la métropole exerce toutes les compétences précédemment assurées par la communauté urbaine de Lyon et le département du Rhône. En 2020, la population a choisi pour la première fois des conseillers métropolitains au suffrage universel direct, simultanément aux conseillers municipaux. Cette année, la réforme instaure l’élection des conseillers des neuf arrondissements et des 73 conseillers municipaux de Lyon, en plus de celle des conseillers de la métropole. Ainsi, les Lyonnais voteront pour la ville, leur arrondissement et la métropole, un cas unique en France.
Qui sont les candidats à la mairie centrale de Lyon ?
Neuf listes sont en compétition pour la mairie centrale de Lyon. Parmi elles, on trouve Grégory Doucet avec Pour Vivre Lyon (Les Écologistes, PS, PCF, Génération.s), Jean-Michel Aulas avec Cœur Lyonnais (sans étiquette, soutenu par LR, Renaissance, Horizons, MoDem, UDI), Anaïs Belouassa-Cherifi avec Faire Mieux pour Lyon (LFI), Nathalie Perrin-Gilbert avec Lyon avec vous ! (PRG, Gauche Citoyenne, Divers Gauche), Alexandre Humbert Dupalais avec Retrouver Lyon (UDR, soutenu par le Rassemblement national), Georges Képénékian avec Lyon c’est maintenant (sans étiquette, soutenu par Équinoxe, Volt et En Commun !), Delphine Briday avec Lutte Ouvrière-Le camp des travailleurs, Michaël Jouteaux avec Lyon pour les travailleurs (Le parti des travailleurs) et Raphaëlle Mizony (NPA Révolutionnaire).
Un défi logistique et financier majeur
Ce triple scrutin représente un défi considérable en termes d’organisation. Avec trois parcours de vote distincts, la ville de Lyon a besoin de trois fois plus de bureaux et d’assesseurs. Habituellement, Lyon compte environ 300 bureaux, soit 600 lors des dernières élections municipales en raison du vote pour les maires d’arrondissements et la métropole. Cette année, plus de 900 bureaux seront nécessaires. La municipalité souligne que la contrainte matérielle principale est l’acquisition d’urnes supplémentaires et d’isoloirs. Le défi majeur reste le recrutement de plus de 900 présidents de bureau et de 1 800 assesseurs. En termes de coûts, cette organisation entraîne un surcoût estimé à 600 000 euros par rapport à 2020.
Les résultats des élections municipales à Lyon seront disponibles les 15 et 22 mars 2026, offrant un moment crucial pour l’avenir de la ville et de sa métropole.



