Élus malgré la justice : une réalité troublante des municipales
« La loi est l’expression de la volonté générale », proclame la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, pilier fondamental de notre démocratie. Mais que se passe-t-il lorsque nos propres représentants élus enfreignent cette loi ? Des dizaines de candidats, condamnés par la justice, ont pu se présenter aux élections municipales. Après avoir présenté ceux élus dès le premier tour, voici la seconde partie de cette liste, classée par ordre alphabétique, révélant des élus condamnés mais réélus au second tour.
Frédéric Boccaletti (RN) à Six-Fours-les-Plages (Var)
Le maire de Six-Fours-les-Plages, membre du Rassemblement national, est également député. Il a remporté la mairie avec 50,06 % des voix face à son adversaire LR. Pourtant, Frédéric Boccaletti porte un lourd passé judiciaire, condamné pour violence en réunion avec arme il y a plus de vingt-cinq ans, lors d'un collage d'affiches en août 2000. Incarcéré pour des coups de feu tirés lors d'une altercation, son cas illustre la surreprésentation d'élus condamnés dans certains partis, comme le souligne le site casier-politique.fr.
Patrice Calméjane (LR) à Villemomble (Seine-Saint-Denis)
L'ancien maire fait son retour après une condamnation pour retard dans l'envoi de ses comptes de campagne. Le tribunal administratif de Montreuil avait prononcé quatre mois d'inéligibilité, exécutés après un rejet de recours par le Conseil d'État en septembre 2019. Malgré cela, la fédération des Républicains de Seine-Saint-Denis l'a réinvesti, et Patrice Calméjane a triomphé avec 40 % des voix, devançant son opposant DVD.
Laurent Cathala (PS) à Créteil (Val-de-Marne)
À 80 ans, Laurent Cathala entame un neuvième mandat. Ni son âge ni une condamnation pour dénonciation calomnieuse, sanctionnée par une amende avec sursis, n'ont découragé ses électeurs. Réélu avec 50,65 % des voix face à des listes insoumise et de droite, son cas questionne la résilience du soutien électoral.
Aly Diouara (LFI) à La Courneuve (Seine-Saint-Denis)
Le député LFI Aly Diouara, 39 ans, a mené sa liste à la victoire avec 52 % des suffrages. Condamné en première instance pour diffamation le 9 mars dernier, après avoir accusé son adversaire socialiste de pratiques clientélistes, il a produit un certificat médical en appel. Son affaire sera réexaminée prochainement, sans impact apparent sur son élection.
Bruno Genest (sans étiquette) à Condat-sur-Vienne (Haute-Vienne)
Élu en 2014 puis battu en 2020, Bruno Genest retrouve son siège malgré une condamnation pour violence conjugale en mars 2023, écopant de cinq mois de prison avec sursis et deux ans d'inéligibilité. Échappant à une condamnation pour viol, sa liste a obtenu 42 % des voix, soulevant des interrogations sur la tolérance électorale.
Marc Petit (DVG) à Firminy (Loire)
Exclu du Parti communiste, Marc Petit a été réélu avec 46 % des voix. Condamné en 2019 pour agression sexuelle à six mois de prison avec sursis, et définitivement en appel en 2021, il a fait face à des protestations et une pétition de plus de 9 000 signatures, sans effet sur son succès électoral.
André Santini (UDI) à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine)
Maire depuis 1980, André Santini, 85 ans, a été réélu avec 48 % des voix, cumulant mandats et affaires judiciaires. Condamné à plusieurs reprises pour injures publiques et détournements de fonds, relaxé dans ce dernier cas, il fait actuellement l'objet d'accusations de harcèlement et agression sexuelle, qu'il conteste.
Si vous avez identifié d'autres élus condamnés dès le premier tour, n'hésitez pas à nous le signaler.



