Saint-Médard-en-Jalles : Les Républicains tirent les leçons d'une défaite cuisante
Dans une publication détaillée sur les réseaux sociaux, le groupe Les Républicains de Saint-Médard-en-Jalles a procédé à une analyse sans concession de leur échec électoral. Les militants reconnaissent ouvertement que le choix de reconduire Jacques Mangon comme tête de liste n'était pas optimal et annoncent un changement complet de stratégie en vue des prochaines élections municipales de 2032.
Une défaite plus lourde que prévu
En perdant sévèrement au second tour des municipales avec seulement 30,6% des voix, soit 4 344 suffrages, Jacques Mangon, chef de file de la liste Agir pour Saint-Médard, a subi bien plus qu'un simple revers électoral. L'ancien maire centriste, qui avait dirigé la commune de 2014 à 2020, a échoué à reconquérir la mairie face au sortant socialiste Stéphane Delpeyrat-Vincent.
Les alliés du parti Les Républicains, avec Jacques Bouteyre en première ligne, ne cachent pas leur déception et parlent d'une "belle volée". L'analyse publiée le 24 mars sur les réseaux sociaux, alors que les cendres du dépouillement étaient encore chaudes, dresse un constat implacable de la situation.
Une analyse cinglante des résultats
"Ce second tour, dont nous espérions un sursaut, n'a fait que confirmer les résultats du premier", peut-on lire dans la publication. "Les abstentionnistes du premier tour ne se sont pas mobilisés davantage au second. Au contraire, la participation a reculé" de près d'un millier de votants.
Le groupe LR compare froidement les résultats : "Battus de 400 voix en 2020, nous le sommes aujourd'hui de près de 4 000". Cette comparaison souligne l'ampleur du recul électoral subi par la droite locale.
Des responsabilités internes assumées
Au-delà des facteurs externes, les Républicains n'éludent pas leurs responsabilités internes. Tout en saluant l'engagement particulier des 13 membres LR, la publication reconnaît que "la campagne a parfois souffert d'un manque de professionnalisme".
Le texte précise : "Le recul et le calme nécessaires ont laissé place à une organisation trop centralisée, concentrée entre un nombre trop restreint de personnes".
Le choix de la tête de liste remis en question
La sentence se précise un peu plus loin dans l'analyse : "Il convient de s'interroger, comme nous avions commencé à le faire dès le début de la campagne, sur le choix de la tête de liste. Le respect et l'amitié que nous portons à Jacques Mangon ont sans doute pesé dans cette décision".
Les Républicains constatent amèrement que "la probabilité qu'un maire battu retrouve son mandat reste faible, pour ne pas dire exceptionnelle", tirant ainsi les enseignements de ce revers électoral.
Un nouveau départ pour 2032
Tournés vers l'avenir, les Républicains de Saint-Médard-en-Jalles visent désormais les prochaines élections municipales avec une approche renouvelée. Selon eux, le casting doit changer radicalement.
"Un nouveau leader, à la tête d'une liste renouvelée, devra émerger", annonce le groupe. "Il pourrait s'agir d'un profil de quadragénaire ou quinquagénaire, solidement implanté localement, issu de la société civile ou disposant d'une connaissance de la vie municipale, capable de porter un projet concret".
Des réactions contrastées
Le message publié sur les réseaux sociaux a suscité plus d'une vingtaine de commentaires, tous approbateurs. Certains provenaient de partisans de Marie-Odile Picard, ancienne adjointe à la sécurité de Jacques Mangon, qui avait rompu avec l'ancien édile depuis 2023.
Candidate aux municipales, elle avait fait le choix de retirer sa liste malgré un score de 13,5% obtenu au premier tour, ajoutant ainsi à la complexité du paysage politique local.
La réaction de Jacques Mangon
Contacté pour réagir à ces déclarations, Jacques Mangon s'est montré bref et mesuré : "Les débats sont normaux après des résultats électoraux. Tout le monde en fait. Mais ce n'est pas le lieu [les réseaux sociaux], pas en public. On aura ces discussions tranquillement, quand il le faudra. C'est tout ce que j'ai à dire".
L'avenir de l'opposition municipale
Le nouveau conseil municipal sera installé ce samedi 28 mars à 11 heures, salle Antonin-Larroque. Fort d'un groupe de six élus (avec Edwige Kossar, Jacques Bouteyre, Élisabeth Montmartin, Louis Gallot et Patricia Guillot), une question demeure : Jacques Mangon, qui conserve son poste à la Métropole, restera-t-il longtemps à la tête de l'opposition municipale ?
Cette analyse publique marque un tournant dans la stratégie des Républicains de Saint-Médard-en-Jalles, qui semblent déterminés à repartir sur des bases nouvelles après cette défaite électorale significative.



