Louis Sarkozy s'installe à Menton : « Le parachuté a atterri et il ne va pas redécoller »
Battu aux élections municipales de Menton, Louis Sarkozy assume pleinement la défaite mais promet d'incarner une opposition farouche et énergique. Il balaie avec fermeté les rumeurs qui le disaient prêt à quitter la ville pour se relancer ailleurs, envoyant ainsi un message clair à ses détracteurs.
Une défaite qui pose des bases solides
Forcément, Louis Sarkozy se serait bien vu de l'autre côté de la salle du conseil ce samedi, revêtant l'écharpe tricolore et prononçant un discours de lancement de mandature. Mais la vie politique en a décidé autrement, et le jeune homme, qui fêtera ses 29 ans le mois prochain, démarre sa carrière dans les rangs de l'opposition mentonnaise. En bon stoïcien, il ne parle pas de sa défaite comme d'un échec intérieur, affirmant qu'on peut perdre une bataille sans être vaincu moralement.
Dans l'œil médiatique en permanence, Louis Sarkozy s'amuse des rumeurs qui l'imaginent déjà dans « un TGV pour Paris » pour se relancer politiquement. Il démine cette idée : s'il monte à la capitale, c'est uniquement pour reprendre ses interventions radio-télévisées en alternance entre les studios parisiens et son domicile mentonnais. « Je reprends mon métier d'éditorialiste. Nous ne sommes pas tous rentiers de la vie publique ! (rires) », déclare-t-il.
Une opposition farouche et constructive
Sur le charivari local, qu'il attribue en partie aux militants du Rassemblement national, Louis Sarkozy reste ferme : « Ils me pensent déjà loin mais ne savent pas qu'ils vont m'avoir sur le dos pendant sept ans ! » Une semaine après le verdict des élections, il analyse froidement la situation : « On était parti pour gagner donc il y a forcément de la déception. Mais toute raison gardée : en huit mois de campagne, on a réussi à faire 18 % malgré six candidats et trois listes de droite. Personne ne nous voyait si haut. »
Il ajoute : « Certaines défaites marquent une fin, d'autres posent des bases. Celle-ci en est une. Nous avons construit une légitimité qui permettra, un jour, d'envisager un nouvel avenir. » Concernant son ancrage à Menton, il exprime une grande satisfaction : « Malgré les mensonges du RN et les attaques de certains adversaires, je compte bien rester à Menton ! Et c'est un bonheur considérable de le montrer et de leur donner tort. »
Louis Sarkozy promet d'être un élu d'opposition incarné, farouche, respectueux, constructif mais surtout énergique. « Qu'on se le dise : le parachuté a atterri et il ne va pas redécoller. Je suis l'allié de Sandra Paire et avec notre groupe d'opposition, nous serons vigilants sur tous les dossiers : le port, la maternité, l'augmentation des effectifs de la police municipale, etc. »
Une opposition technique et non de principe
Il précise sa vision de l'opposition : « Nous ne voulons pas être une opposition de principe mais une opposition technique. Mme Masson a dit qu'elle voulait tendre la main à l'opposition ? Je lui dis : « Chiche ? ! » Mais tenir ce propos alors que dix minutes avant, elle a refusé de donner la parole à l'opposition lors du conseil municipal, c'est de mauvais augure. »
Évoquant sa médiatisation intense ces derniers mois, parfois en dehors de sa campagne, Louis Sarkozy reconnaît que cela a été à double tranchant. « La médiatisation est à double tranchant. Il y a un bénéfice avec la notoriété qui est la mienne, bien sûr, mais il y a aussi un désavantage. Si un de mes adversaires disait quelque chose d'un peu différent, ça passait inaperçu. Moi, ça pouvait occuper l'espace médiatique en France pendant plusieurs jours. »
Il cite des exemples comme la dépénalisation des drogues ou la suppression de certaines signalisations routières, qui ne sont pas des compétences municipales mais ont influencé la campagne. « Et mes adversaires, n'ayant pas assez de matériel pour critiquer notre liste, notre programme ou mon engagement, ont choisi de nous critiquer sur ces points. »
Louis Sarkozy ne regrette pas ses propos : « Je ne regrette jamais de dire ce que je crois profondément. Ça pouvait être un désavantage mais malgré ça, nous avons fait une excellente campagne. Je sais que certaines de mes opinions peuvent être minoritaires, un peu radicales et parfois choquantes, mais c'est le jeu. »
La dimension people et l'avenir politique
Il aborde aussi la dimension « people » de sa campagne : « On savait très bien avec ma femme, avant qu'on s'installe, que ça pouvait arriver. Au final, tout ça était assez neutre. Le gain apporté par la notoriété a été contrebalancé par l'agacement suscité par l'aspect « people ». Ça faisait aussi partie du jeu et je ne le regrette pas. C'était ma première campagne et, contrairement à ce qu'on peut dire, elle était résolument tournée vers Menton et ses habitants. »
Enfin, concernant Sandra Paire, qui pourrait devenir sénatrice bientôt, Louis Sarkozy partage son sentiment : « On en a discuté, elle n'a pas encore pris sa décision. Je pense qu'elle le mérite, elle a été victime de beaucoup d'injustices. C'est une belle opportunité pour elle mais aussi pour le Sénat. Le choix lui appartient, j'ai confiance en elle et je respecterai sa décision quoiqu'il advienne. Si elle accepte, cela me mettrait en tête de notre groupe d'opposition et je continuerais le travail. »
Il conclut sur une note personnelle : « À titre personnel, je pense qu'il y a des opportunités qu'il ne faut pas louper. C'est tout de même la Chambre noble. Si c'était moi, j'irai... »



